Isabelle Bergeron/TC Media .

Le nouveau projet de règlement sur les terrasses ne fait pas le bonheur de tous les commerçants dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. La boulangerie de Froment et de Sève, située sur la rue Beaubien, dit ne pas pouvoir se soumettre à la nouvelle réglementation. Son propriétaire a tout de même décidé de sortir tables et chaises, mardi, au risque de recevoir une amende.

«La terrasse est une institution dans le quartier. Nos clients ne veulent pas la voir disparaître», soutient Constance Callies, fille du propriétaire de la boulangerie de Froment et de Sève.

L’affaire a débuté il y a près d’une semaine, quand le commerce a appris le nouveau règlement que l’arrondissement souhaite adopter sur la mise en place des terrasses. Elles devront désormais ne plus être collées à l’établissement et laisser un espace minimum d’1m50. En somme, les terrasses devront désormais être installées, complètement ou à moitié, sur la rue.

Cependant, l’autobus 18, sur Beaubien, s’arrête juste devant la vitrine de la boulangerie.

«Nous ne pouvons pas déplacer notre terrasse sur la rue avec l’autobus qui passe. Ce n’est pas sécuritaire. Il faudrait déplacer l’arrêt», indique Mme Callies.

La boulangerie dénonce une réglementation deux poids, deux mesures et ajoute que plusieurs fruiteries ont déjà sorti leurs étales sur le trottoir.

L’arrondissement confirme que, sauf espace privé leur appartenant, ces fruiteries contreviennent également au règlement et ne peuvent pas s’installer sur le domaine public, mais ne compte pas faire de «chasse aux sorcières», note Serge Fortin, aux communications.

Sur fond de chicane

Le commerce de la rue Beaubien dénonce également un manque de concertation avec les élus de l’arrondissement. «Nous avons déposé notre demande de permis il y a plusieurs semaines. Nous avons appelé l’arrondissement pour savoir pourquoi nous n’avions pas de réponse. Mais, c’est seulement la semaine dernière que nous avons appris que nous ne pourrons pas installer la terrasse comme cela est fait depuis des années. Or, la saison est déjà lancée. Les beaux jours sont là et nous ne pouvons pas travailler», clame Mme Callies.

L’arrondissement affirme avoir informé les commerçants en même temps. «Tous ont été consultés et avisés la semaine dernière. On a même pris la peine d’appeler personnellement le propriétaire pour voir quelles solutions nous pouvions mettre en place. Mais, il a décidé d’aller voir immédiatement les médias, avant même de savoir ce qu’on allait faire. C’est inacceptable, qu’en 2015, une personne pense que ses privilèges soient plus importants que les droits des personnes à mobilité réduite ou les parents avec une poussette», s’insurge le maire de l’arrondissement, François Croteau.

Pour sa part, la boulangerie estime ne pas pouvoir attendre et perdre de l’argent en attendant qu’une solution soit trouvée.

«Nous avons environ 15 places sur notre terrasse, mais nous voulions ajouter trois tables cette année. D’habitude, la terrasse est installée dès le 1er avril. On avons déjà perdu plusieurs milliers de dollars», ajoute Mme Callies.

Trouver une solution

La boulangerie a demandé à l’arrondissement d’obtenir un permis transitoire pour autoriser la terrasse dans son ancienne disposition en attendant de mettre en place une contre-terrasse dans les normes. Mais, le propriétaire a reçu une fin de non-recevoir. Il a tout de même informé l’administration rosemontoise qu’il installait ce mardi, sa terrasse.

«La saison a commencé et les gens me demandent avec réelle insistance la terrasse. Je me suis permis aujourd’hui de la disposer contre le mur sachant effectivement que je n’en ai pas l’autorisation. Il n’est pas dans ma nature de contrevenir à des dispositions légales, aussi j’attends votre retour pour m’orienter sur les dispositions que vous souhaiteriez que je prenne pour cette période transitoire», peut-on lire dans un courriel de M. Callies, le patron, adressé à l’arrondissement.

Sur les réseaux sociaux, des membres du Regroupement activistes pour l’inclusion au Québec et des citoyens ont déjà interpellé le maire. «Nous sommes à regarder ce que nous allons décider», mentionne M. Croteau.

En attendant, les deux parties se disent prêtes à collaborer pour trouver une solution qui permettrait aux citoyens de pouvoir jouir d’une des terrasses le plus prisées de La Petite-Patrie.

Déplacer l’arrêt d’autobus ou la terrasse sur la rue des Écores seraient les deux pistes envisagées.

Avant de voir se concrétiser une solution, la boulangerie a décidé de mettre en place une pétition en ligne pour obtenir un fort appui des citoyens.

En réponse, le Regroupement des citoyens pour l’accessibilité universelle dans Rosemont – La-Petite-Patrie a décidé de lancer, dans la foulée, une autre pétition demandant la priorité aux personnes à mobilité réduite.

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