Collaboration spéciale Une chaîne humaine a été organisée lundi devant le CPE Au Petit-Talon en présence de la députée de Gouin Françoise David pour dénoncer les coupes.

C’est un ultime appel qu’a lancé Nicole Sanschagrin, la directrice générale du CPE Au Petit Talon, mercredi matin. Entourée de spécialistes, d’éducatrices et de parents, elle enjoint le premier ministre Philippe Couillard à visiter sa garderie pour constater les impacts qu’auraient les coupes de 120 M$ sur les enfants atteints du trouble du spectre de l’autisme (TSA) qu’elle accueille.

À cause des restrictions, le CPE prévoit retrancher 267 000$ de son budget pour l’année 2016-2017. Une baisse significative qui entraînerait la fermeture de son programme spécialisé d’intervention comportementale intensive (ICI) d’ici trois ans.

«On ne mettra jamais de parents dehors, mais il n’y aura pas de nouvelles intégrations», souligne Mme Sanschagrin, qui espère ne jamais en arriver là.

Depuis son ouverture en 2002, plus d’une quarantaine d’enfants ont pu profiter du service instauré en collaboration avec l’hôpital Jean-Talon et le Centre de réadaptation Lisette-Dupras. En plus de vivre la routine d’un service de garde, les enfants bénéficient de soins adaptés à raison de 20 heures par semaine.

Les éducatrices spécialisées travaillent à l’aide d’outils visuels sur la communication, la socialisation, l’autonomie, les compétences préscolaires et les habiletés de jeu des enfants.

À bout de souffle
«Sachant que les CPE accueillent 62% des enfants à défis particuliers et que, sans ce genre de service, un grand nombre de parents ne pourraient demeurer sur le marché du travail, nous sommes très inquiets de voir notre budget amputé une nouvelle fois», explique Carolyne Gingras, présidente du conseil d’administration du CPE.

Elle chiffre à près de 400 M$ les coupes subies depuis 2006. «Nous n’avons plus de marge de manœuvre», clame-t-elle.

Pour beaucoup, la perte du programme serait synonyme de recul. «Au cours des années, le CPE a développé une expertise pour ceux qui présentent un TSA. Le service est essentiel à leur plein développement. Le voir disparaître serait une immense perte», affirme Lise Petitclerc, ergothérapeute, membre fondatrice du Groupe d’enfants TSA.

En réponse, le ministère de la Famille veut rassurer les parents et soutient que «les prestataires de services de garde continueront d’être soutenus financièrement pour accueillir les clientèles particulières et défavorisées».

Le CPE Au Petit Talon demande maintenant au premier ministre Couillard de renoncer aux coupes. La directrice, qui lui a écrit trois fois, l’invite également à visiter la garderie.

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