Stéphanie Maunay/TC Media Sidonie Bigarré et Catherine Bond craignent que d'autres parents ne puissent pas bénéficier du service spécialisé du CPE Au Petit Talon.

Les parents du CPE Au Petit Talon, spécialisé dans l’accueil d’enfants atteints du trouble du spectre de l’autisme (TSA), lancent un cri du cœur. Ils craignent de voir disparaître le service dont leurs enfants bénéficient si Québec maintient les 120 M$ de coupes prévues l’an prochain.

Quelle vie aurait aujourd’hui Sidonie Bigarré si elle n’avait pas pu bénéficier des services du CPE Au Petit Talon? C’est la question que se pose sans cesse cette mère monoparentale de deux enfants, dont Milo, 6 ans, atteint du TSA. «Il est autiste, hyperactif, impulsif, non verbal et à haut risque de danger», explique la maman.

Le petit garçon a fréquenté le CPE pendant cinq ans et a pu profiter d’un soutien spécifique, 20 heures par semaine.
«Le CPE n’a pas hésité à financer à partir de son budget de fonctionnement une partie de l’emploi de l’accompagnatrice et du matériel adapté», soutient-elle.

Depuis septembre, Milo a intégré l’école spécialisée de l’Étincelle. Une rentrée qui s’est bien déroulée; mieux que Mme Bigarré n’aurait pu l’espérer. «Il est très sensible aux changements, mais il a été bien préparé et a intégré sa routine», confie-t-elle.

Soutien pour les parents
Les parents ayant des enfants atteints de TSA vivent un véritable parcours du combattant.

«La première année, on compte environ 120 rendez-vous pour l’enfant», précise Mme Bigarré, qui a dû démissionner de son emploi pour s’occuper de son fils.

Faute de service de garde adapté, nombreux sont les parents qui ne peuvent pas maintenir une activité professionnelle.

C’est le cas de Catherine Bond, maman d’Édouard, 3 ans, qui fréquente le CPE depuis le mois d’août. Elle se remémore le jour où elle a reçu l’appel du CPE. «Je suis passée du noir et blanc à la couleur», se souvient-elle.

Ergothérapeute, elle a dû mettre son métier de côté tout comme son mari, psychologue, qui ne travaille que six semaines par an.

Mais, depuis qu’Édouard profite d’un service spécialisé, la famille reprend pied. «Il vient trois jours par semaine, de 9h à 16h. Cela nous permet d’avoir une vie», estime-t-elle.

Elle observe également des progrès dans le comportement de son fils. «L’autre jour, il a demandé à intégrer le groupe régulier pour quelques heures», note-t-elle.

Elle se dit «choquée et indignée» des coupes annoncées par le gouvernement. «S’attaquer au réseau des CPE, c’est s’attaquer à l’égalité des chances», clame-t-elle.

Elle juge important d’envoyer un message aux décideurs et espère que la population se ralliera à cette cause.

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