Chantal Levesque/Métro François Saillant, coordonnateur du FRAPRU

Mettre en réserve des terrains et des bâtiments pour construire des logements sociaux et abordables. C’est ce que demande le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) à la Ville de Montréal. L’organisme dénonce un manque de volonté politique et lance une série d’actions dans plusieurs arrondissements.

Dans sa nouvelle campagne, dévoilée dimanche, le FRAPRU et une quinzaine de comités logements enjoignent l’administration du maire Denis Coderre d’utiliser systématiquement son droit de réserve foncière pour garantir la construction de logements sociaux. L’organisme souhaite ainsi protéger des terrains ou des bâtiments vacants à vendre.

Mais la Ville estime que cela comporte des risques. «La difficulté est que l’on envoie un signal au propriétaire pour lui dire: « On veut ton terrain et pas celui de ton voisin ». Au bout du compte, soit on finit par acheter plus cher que la valeur initiale ou par exproprier», se justifie Russel Copeman, responsable de l’habitation et de l’urbanisme à la Ville de Montréal.

Ce discours ne tient pas aux yeux du FRAPRU qui croit plutôt à un manque de volonté politique.

«La Ville a réservé et fait l’acquisition de terrains dans Pointe-Saint-Charles dans les années 80 pour construire des logements sociaux. Cela aurait pu continuer à se faire. Mais Montréal a privilégié le réinvestissement du privé», clame Marie-José Corriveau.

Un argument «ridicule» selon M. Copeman qui rappelle que le Ville a bonifié sa politique d’inclusion fin 2015.

Un fonds de compensation de 3 M$ a notamment été créé pour 2015-2017. «Nous sommes à peaufiner les mécanismes. Il y aurait une demi-douzaine d’acquisitions possible», ajoute-t-il.

Pas assez coercitif
C’est encore trop peu pour les défenseurs du logement social. «La stratégie d’inclusion place le développement social à la remorque du privé», plaide Sébastien Laliberté, coordinateur du comité logement de Rosemont.

Il cite en exemple le projet de l’ancienne usine Solotech où quelque 45 unités pour les foyers modestes sont annoncées depuis 2011. Mais le projet a été repoussé à maintes reprises en raison du retrait du promoteur.

Les organismes souhaiteraient que la Ville puisse faire valoir un droit de préemption, et devenir ainsi premier acheteur sur certaines transactions.

«C’est quelque chose qui nous intéresse et que nous étudions actuellement, fait savoir M. Copeman. Cela nous permettrait d’acheter un terrain sans risque de spéculations.»

Le pouvoir délégué aux municipalités concernant le logement social est partie prenante des négociations en cours sur le statut de la métropole avec le gouvernement du Québec, assure M. Copeman.

Plusieurs actions se tiendront dans les arrondissements dans les prochaines semaines, dont une à Rosemont, le jeudi 10 mars.

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