Archives/TC Media D'anciens présidents de l'association libérale fédérale ainsi que plusieurs membres du parti sous couvert de l'anonymat regrettent que la famille de Mme Lambropoulos soit autant présente dans l'organisation.

Devant les plaintes de certains membres de l’association de circonscription (ADC) qui insistent sur la mauvaise ambiance depuis l’élection d’avril, la députée libérale de Saint-Laurent Emmanuella Lambropoulos voit plutôt les choses autrement.

Henri Paul Labelle, Thomas Welt, Constantin Nedea et Jehú Hernández, qui a eux quatre cumulent 22 ans de présidence depuis 1991, dénoncent la place que prend la famille Lambropoulos dans l’organisation.

«Vous n’avez assuré aucune indépendance à votre association, vos parents et votre tante ont joint l’exécutif. C’est dommage que des personnes bien intentionnées se soient senties mises de côté», peut-on lire dans une lettre qu’ils ont adressée à Mme Lambropoulos, la semaine dernière.

Le père de la députée a été nommé sur le conseil d’administration depuis l’une des démissions, il y a quelques mois. Il sera candidat à la présidence lors de la prochaine assemblée générale, le 1er mars. Sa mère, Matina Aerikos, est également candidate à l’un des six postes d’administrateurs, tandis que sa tante, Marie Tsagaropoulos, a été acclamée en tant que présidente des politiques. Ces fonctions sont bénévoles.

«Il n’y avait aucun autre candidat pour ce poste, indique la députée. J’ai demandé à ma tante s’il l’intéressait. Pour le reste, c’était très ouvert. Chaque membre du parti a reçu une invitation pour se présenter.»

Quant à la mauvaise ambiance, elle affirme ne pas savoir de quoi les anciens présidents parlent. «C’était très positif à la dernière réunion en janvier. C’est la première fois qu’il y a tant de monde intéressé à se joindre», ajoute Mme Lambropoulos.

Or, selon le procès-verbal, seulement une dizaine de personnes étaient présentes, soit deux fois moins que celle au printemps. Parmi eux, il y avait les parents de la députée ainsi que trois employés de son bureau de circonscription.

Règles
Les anciens présidents soulignent dans leur lettre que «deux membres sur l’exécutif sont à l’emploi du bureau de comté, ce qui semblerait vous mettre en contravention des règles de la Chambre des communes».

La députée affirme que ces deux employés à temps partiel ont quitté l’exécutif après avoir été engagés. Ils étaient toutefois inscrits aux procès-verbaux des dernières réunions de l’ADC.

Leur double fonction ne serait pas un problème aux dires de Mme Lambropoulos puisque d’autres associations libérales ont pour président leur chef de bureau de circonscription. Le PLC n’a pas retourné les appels de TC Media pour confirmer cette information.

Le Manuel des allocations et des services aux députés stipule que ces derniers «ne peuvent pas embaucher de membres de l’exécutif de partis politiques pour travailler à leurs bureaux parlementaire ou de circonscription».

Transition
«À la suite du départ de [l’ancien député] Stéphane Dion, de l’élection partielle et de l’implication de la famille de Mme Lambropoulos, certains membres sont plus ou moins à l’aise», confirme l’actuel président de l’association, Kelvin Mo.

M. Mo ne se représentera pas à son poste après un mandat de deux ans. Souhaitant le terminer de manière «professionnelle» avant de quitter la politique et en raison de divergences de méthodes de travail avec certains anciens présidents, il n’a pas signé leur lettre.

«Le mandat fut extrêmement difficile, raconte-t-il. Nous nous sommes concentrés sur le 20e anniversaire de l’élection de M. Dion, puis il y a été écarté. Ce fut un coup dur, comme l’investiture.»

Il assure cependant quitter une ADC en bonne santé financière et prête pour les prochaines élections générales, avec plus de 5 500 membres.

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