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Être à la recherche d’un emploi est, plus souvent qu’autrement, un processus laborieux, mais selon certains organismes d’aide à l’emploi, le parcours est plus long pour les minorités visibles. Une réalité particulièrement frappante à Saint-Laurent, un secteur où huit personnes sur 10 sont issues de l’immigration.

La discrimination à l’emploi ne date pas d’hier, mais elle continue de surprendre. Un article paru récemment dans Nouvelles Saint-Laurent racontait l’histoire de Mohammed, un immigrant au curriculum vitae étoffé qui, malgré ses efforts soutenus, n’arrive pas à décrocher une seule entrevue d’embauche. Une situation qui ne surprend pas la direction du CJE de Saint-Laurent.

«60% des jeunes qui fréquentent l’organisme proviennent d’un pays natal autre que le Canada, le premier pays sur la liste étant le Maroc. 52% d’entre eux s’identifient comme une minorité visible. On ne peut nier que les jeunes immigrants et les minorités visibles qui font appel à nous s’engagent dans un processus qui est plus long, mais nous ne pouvons le quantifier pour le moment», mentionne le directeur général du CJE Saint-Laurent, M. Marc Grignon.

De son côté, le conseiller en emploi, Philipe Picard, du Centre d’Accueil et de Référence sociale et économique pour immigrants (CARI), considère aussi « que certaines communautés éprouvent des difficultés à trouver un emploi ». Il spécifie toutefois que certains groupes, comme la communauté libanaise, se place très bien dans Saint-Laurent.

De nouvelles mesures
Michael Nolet, coordonnateur de la stratégie de revitalisation urbaine intégrée (RUI) du Quartier Chameran-Lebeau, mentionne que cette année, la foire d’emploi qui se déroulera en mai s’adressera expressément aux immigrants des quartiers défavorisés Chameran-Lebeau et Place Benoit. Une première pour l’arrondissement.

Près de 65% des 15 000 résidents du quartier Chameran sont des immigrants. Le quartier compte deux secteurs distincts, dont la couronne de Chameran. Ici, le taux de chômage s’élève à 17%, alors qu’il n’était que de 11% dans l’arrondissement de Saint-Laurent, en 2011.

Le but de cette foire sera de mettre les immigrants en contact avec les employeurs du milieu industriel et aussi, de sensibiliser les employeurs à l’embauche d’immigrants.

De multiples facteurs
Malgré le fait que les immigrants maghrébins doivent parfois s’armer de patience, les différents organismes contactés s’entendent pour dire que plusieurs facteurs entrent en ligne de compte durant la recherche d’emploi.

«Ce n’est pas nécessairement de la discrimination, soutient Marissa de Castro, puisque plus la personne est scolarisée plus le cheminement est long et ce, peu importe l’origine.»

Les intervenants contactés ont aussi tous souligné la précarité du contexte économique actuel «c’est difficile pour tout le monde, au-delà des origines», soutient Marissa de Castro.

Le directeur du CJE mentionne aussi que «rares sont ceux qui sont embauchés avec leur simple CV, le réseau de contacts est primordial et lorsqu’un immigrant arrive au pays ce réseau est inexistant et il prend du temps à bâtir».

Pour Philipe Pinard du CARI, décrocher un emploi est toujours possible si l’on cherche dans les domaines en demande et si l’on est prêts à démarrer en bas de l’échelle».

La direction du CJE considère que tous ces facteurs pèsent dans la balance. On insiste, malgré les embuches, tout le monde peut trouver un emploi et ce, peu importe son origine.

Pour l’année 2013-2014, 487 participants du CJE ont intégré et/ou maintenu un emploi ou ont effectué un retour aux études.

La foire d’emploi se tiendra le 20 et 21 mai prochain. La période de recrutement des candidats et des entreprises vient de débuter.

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