Archives / TC Média Les naissances et l’immigration entraînent une augmentation marquée de la croissance démographique dans les écoles un peu partout sur l’île de Montréal, et l’est n’y échappe pas.

Alors que la rentrée bat son plein pour des milliers d’enfants, la Commission Scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPÎ) fait face à d’importants défis liés au manque d’espace pour accueillir un flot toujours plus élevé d’élèves, et à une pénurie de main d’œuvre qui complique le recrutement du personnel nécessaire.

Les prévisions du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) estimaient l’an dernier que la CSPÎ pouvait s’attendre à une augmentation moyenne de 750 élèves par année.

« Nous avons finalement eu une augmentation de 1900 élèves l’an dernier, alors ils ont révisé leurs prévisions pour cette année », explique Miville Boudreault, président de la CSPÎ. Selon le ministère,  la CSPÎ peut maintenant s’attendre à une augmentation moyenne de 1000 élèves par années, pour les 7 prochaines années.

« 1000 élèves, c’est l’équivalent de construire 2 écoles primaires de plus! », illustre le président.

Les prévisions pourraient de nouveau être dépassées, vu les nombreux projets domiciliaires sur le territoire. « Des promoteurs ont dit qu’ils allaient construire entre 1000 et 1200 unités d’habitation, ils ne sont pas inclus dans les chiffres », avance M. Boudreault. La construction de condos au bout d’île et près de l’estuaire, entre autres, ne ralentit pas.

Le président avoue que cela pose « des défis de planification auxquels on pense tout le temps ». Il est en travail constant pour trouver de nouveaux terrains pour les prochaines années, tâche ardue car « ils appartiennent souvent à des entrepreneurs privés. ».

La CSPÎ s’apprête d’ailleurs à faire parvenir 12 demandes de projets d’agrandissements pour son territoire au MEES, demandes dont les détails seront dévoilés très prochainement.

Miville Boudreault assure toutefois que la situation est sous contrôle pour la rentrée 2018, et que chaque élève a sa place dans une classe.

L’agrandissement du centre Ferland, à Saint-Léonard, et le changement de sa vocation en école primaire permet d’accueillir cette année 500 élèves supplémentaires. « On avait un problème aigu au sud de la métropolitaine, où on a deux écoles seulement, qui ont déjà été agrandies chacune 2 fois ». Tous les élèves de la nouvelle école Ferland, située au nord de l’artère, proviennent du sud, mais la CSPÎ assure le transport.

À Montréal-Nord, deux agrandissements ont eu lieu aux écoles Jean-Nicolet et Sainte-Colette. Selon le président, sans les agrandissements, la rentrée aurait été beaucoup plus difficile dans ce secteur.

La situation à Pointe-aux-Trembles,  est toutefois moins préoccupante que sur le reste du territoire de la Commission Scolaire. Avec l’agrandissement en cours à l’École Montmartre, dont la livraison est prévue en septembre prochain, ainsi que celle prévue à l’École Saint-Marguerite-Bourgeoys, qui débutera l’an prochain, Miville Boudreault assure que le territoire dispose de locaux adéquats pour accueillir la population

Recrutement du personnel difficile
La hausse marquée du nombre d’inscriptions, combinée au manque de main d’œuvre qui touche la plupart des secteurs, cause un défi de recrutement des enseignants, des professionnels et de l’ensemble du personnel de la Commission Scolaire.

Toutes les commissions scolaires de l’île sont touchées. « On en est rendu à être des compétiteurs sans le vouloir, on se compétitionne pour les finissants, on va recruter dans les régions. On est rendu là», soutient M. Boudreault. Ce printemps, la CSPÎ a donné 85 promesses d’embauche à des finissants en adaptation scolaire ou en enseignement, une augmentation marquée par rapport aux 21 promesses l’année précédente.

Les efforts ont porté fruit au niveau des enseignants, puisque chaque classe a son enseignant. « Au niveau de la main d’œuvre, la Commission Scolaire fait un grand travail, affirme Serafino Fabrizi, président du Syndicat de l’enseignement de la Pointe-de-l’Île. On n’a pas eu de son de cloche qu’il manquait d’enseignants. Mais pour les autres employés, spécialistes comme pour les suppléants, c’est plus difficile. »

Une nouvelle mesure ministérielle annoncée au printemps dernier prévoit que les classes de maternelle et de première année aient désormais deux enseignants, ou un enseignant et un professionnel spécialisé. « Mais je ne peux pas dire qu’il y a une 2e personne partout », avoue Miville Boudreault.

La CSPÎ est toujours en recherche de plusieurs orthophonistes, en plus de techniciens et de personnel administratif, entre autres.

Le manque de personnel rend l’intégration des élèves en difficultés d’apprentissage plus difficile. « L’intégration des élèves EHDAA est une problématique importante », souligne le président du SEPI, Serafino Fabrizi, selon qui trop d’élèves sont intégrés dans des classes régulières sans que les services d’accompagnement nécessaires soient disponibles. « Ça a des répercussions. Mais ce n’est pas un manque de volonté de la Commission Scolaire, c’est un manque de ressources. »

Un peu plus d’un élève sur cinq au secondaire est considéré EHDAA (Élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage). Près de la moitié d’entre eux sont intégrés dans des classes régulières.

 

L’éducation en campagne électorale
La rentrée se fait sur fond d’élections, et autant les commissions scolaires que les syndicats seront attentifs aux différentes solutions que proposeront les partis politiques pour améliorer le système d’éducation québécois. L’Avenir de l’Est vous propose un survol non-exhaustif des principales promesses qui figure sur les différentes plates-formes électorales.

 

La Coalition Avenir Québec

– Abolir les commissions scolaires et créer des centres de service.<

– Embaucher des centaines de professionnels et adopter un plancher de services par tranche de 1000 élèves.

– Étendre la maternelle 4 ans gratuite, mais non obligatoire, pour tous les enfants.

– Rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans.

« Je m’inscris en faux contre le projet d’abolition des commissions scolaires. Dans ce type d’approche, où on délègue plus de pouvoirs, on délègue aussi des responsabilités administratives. Les débats de structure ne font pas réussir les élèves. » – Miville Boudreault

 

Le Parti Libéral du Québec

– Gratuité des services de garde éducatif pour les enfants de 4 ans

– Éducation obligatoire jusqu’à 18 ans

– S’assurer qu’il y ait toujours deux personnes par classe au niveau préscolaire et en première année

– Permettre aux écoles qui le désirent d’implanter plus rapide de l’anglais intensif en 5e et 6e année du primaire.

« Avoir deux personnes par classe, on veut bien. Mais la mise en œuvre est difficile, avec les difficultés de recrutement. On n’a pas les ressources. » – Miville Boudreault

 

Le Parti Québécois

– Déployer un programme destiné à offrir à tous les élèves du primaire des repas chauds à prix modulés selon les revenus des familles

– Offrir le choix aux parents entre la contribution de 100$ pour les fournitures scolaires, ou l’inscription au « tout prêt », où les fournitures sont fournies gratuitement

– Obliger les écoles privées et les écoles publiques dotées de projets particuliers à accepter les élèves HDAA.

– Rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans.

– Diminuer de façon significative et graduelle le financement public des écoles privées

« Fournir le matériel, encore une fois, il faut regarder la mise en œuvre. Je veux bien acheter des cahiers canada, mais on va les mettre où? Quand dans une école on a été obligé de prendre une bibliothèque pour faire une classe… » – Miville Boudreault

 

Québec Solidaire

– Éliminer tous les frais scolaires facturés dans les établissements publics, du préscolaire jusqu’à l’université, pour atteindre la pleine gratuité en 5 ans.

–  Fixer un seuil minimum de personnel et un ratio professionnel/élèves dans les réseaux scolaire et collégial.

– Transférer graduellement au réseau public les subventions données aux écoles privées et permettre à ces écoles de s’intégrer au réseau public avec leur personnel.

– Améliorer le système d’aide financière aux études et la rémunération des stages.

« Ça prend un débat collectif sur la gratuité scolaire. Il faut que le politique à Québec s’atèle à régler la question. Ça n’existe nulle part ailleurs dans le monde, les subventions aux écoles privées. Si on fait ça, c’est parce qu’on n’a pas confiance au système public, C’est ce qui mine notre éducation. » – Miville Boudreault

 

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