Le marquage de la chaussée qui doit normalement être terminé au 30 juin ne sera pas complété avant la fin du mois de juillet. L’arrondissement de Saint-Léonard estime que seulement le tiers du travail a été fait jusqu’à présent.

Selon l’administration locale, presque toutes les lignes d’arrêt ont été faites dans les endroits demandés.

«Nous ne sommes pas obligés de faire des lignes d’arrêt à chaque intersection. Mais, nous sommes rendus à 95% du travail fait aux endroits exigés», souligne Louis Lafontaine, chargé de projet à la division génie de l’arrondissement de Saint-Léonard.

Toutefois, moins de la moitié des passages et corridors pour piétons ont été peinturés. Pour ce qui est des lignes axiales – la signalisation qui délimite les voies de circulation – et la piste cyclable, rien n’a encore été fait dans ce dossier.

«C’est dangereux. Les automobilistes roulent n’importe comment, car il n’y a pas de ligne. En plus, j’ai failli me faire frapper à deux reprises sur la voie cyclable, car les voitures empiètent sur celle-ci», s’inquiète Mohamed Issaoui, un résident qui avoue rouler à vélo désormais sur le trottoir, car il craint pour sa sécurité sur la voie cyclable.

«Ce n’est pas notre meilleure année» -Louis Lafontaine, chargé de projet à la division génie de l’arrondissement de Saint-Léonard

Lors du passage de TC Media, nous avons remarqué plusieurs situations problématiques, notamment des automobilistes qui empiètent sur plus d’une voie alors qu’il n’y a pas de ligne pour clarifier les corridors de conduite. De plus, nous avons remarqué à quelques reprises des automobilistes qui s’immobilisent dans une zone interdite à un feu rouge, empêchant ainsi aux camionneurs de tourner, car ils n’ont plus l’espace nécessaire pour effectuer leur manœuvre.

La température

L’arrondissement fait affaire avec une compagnie privée pour le marquage de ses rues. Selon le contrat, le marquage doit être terminé pour le 30 juin. C’est la deuxième année que l’entreprise dépasse les délais, car en 2016, le marquage a été terminé à la mi-juillet.

«Nous sommes un peu en retard comparé aux autres années, mais l’entrepreneur avait de bonnes raisons», fait valoir Louis Lafontaine.

Le marquage au sol nécessite une température supérieure à 10 degrés Celsius et une chaussée sèche. Si ces conditions ne sont pas respectées, le travail ne peut être effectué.

«Habituellement, on pourrait commencer le marquage au mois de mai. Cette année, nous avons eu des mois de mai et juin très pluvieux. On ne peut pas peinturer dans ces conditions, sinon c’est du travail perdu», mentionne M. Lafontaine.

Malgré le marquage déficient par endroits, le chargé de projet se fait rassurant à propos de la sécurité.

«Ce n’est pas plus dangereux sans les lignes. La signalisation, comme les panneaux, est là et les conducteurs sont au courant du Code de la sécurité routière. De plus, je n’ai pas eu d’appel de la police pour m’informer que c’était dangereux et qu’il y avait urgence», affirme M. Lafontaine.

Si les conditions sont favorables, le marquage des rues léonardoises devrait se terminer à la fin du mois de juillet.

Un problème récurrent à Montréal
L’absence de marquage plusieurs mois par année est rendue une habitude à Montréal et les cyclistes doivent s’y adapter lors de leur déplacement.

«Montréal est l’un des pires endroits pour le marquage en raison du climat. Avec notre déneigement, les lignes se font raper pas mal. Ce faisant, nous avons toujours plusieurs mois sans marquage, notamment de février à avril», indique Marc Jolicoeur de Vélo Québec.

Cette absence de signalisation rend les déplacements souvent inconfortables pour les cyclistes, note M. Jolicoeur.

«Lorsque la signalisation est effacée, notamment les bandes cyclables, les automobilistes ignorent qu’ils ne peuvent y circuler, alors ça diminue la sécurité des cyclistes», mentionne le porte-parole.

Il existe des techniques de marquage plus durables, mais celles-ci sont 10 fois plus chères que ce qu’utilise la Ville actuellement, fait valoir Vélo Québec. Toutefois, l’organisme aimerait tout de même que la situation soit corrigée.

«Il pourrait y avoir des efforts dans la recherche afin de trouver une méthode de marquage plus durable. C’est essentiel pour les cyclistes», avance-t-il.

La visibilité, élément de sécurité
La disparition du marquage est un problème récurrent selon Piétons Québec qui déplore ainsi un manque de clarté de la signalisation routière.

«Les automobilistes laissent davantage passer les piétons lorsqu’il y a un passage piétonnier. Sans ce marquage, ce n’est pas respecté», déplore Jeanne Robin de Piétons Québec.

Pour faciliter les déplacements des piétons, l’organisme croit qu’il faut se pencher sur des solutions plus durables, dont des îlots refuges au centre de la rue et des intersections surélevées.

«Les intersections surélevées sécurisent les déplacements des piétons tout en diminuant la vitesse de la circulation», affirme Mme Robin.

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