(Photo: TC Media – Archives)

Le Sud-Ouest est l’arrondissement qui a connu la plus forte croissance démographique de la ville de Montréal entre 2011 et 2016, en grande partie grâce à l’essor de Griffintown. Globalement, plus de 6 600 nouveaux résidents ont été accueillis, provoquant ainsi une hausse de 9,2% en cinq ans selon les données du plus récent recensement.

Lachine, qui arrive deuxième de ce classement, a enregistré pendant la même période une croissance de 2873 habitants pour 6,9% de hausse. C’est Ville-Marie qui complète le podium avec 6,1% d’augmentation de sa population grâce à 5 157 habitants de plus. À l’opposé du spectre, C’est Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles qui occupe la dernière place du palmarès avec seulement 0,3% d’augmentation pour 306 nouveaux résidents.

Selon le maire du Sud-Ouest, Benoit Dorais, près du deux tiers de la progression de son arrondissement peut être attribuée à la popularité de Griffintown auprès d’adultes sans enfants.

«On voit beaucoup de jeunes couples ou célibataires qui viennent s’installer dans ce quartier, constate-t-il. Il n’y a pas beaucoup de familles, mais souvent, les personnes qui veulent quitter la banlieue et retourner en Ville après le départ de leurs enfants choisiront aussi Griffintown parce que c’est abordable et tout près du centre-ville.»

Cette croissance aurait pu être encore plus importante et diversifiée si la planification de Griffintown avait été mieux gérée, estime la professeure en études urbaines de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), Damaris Rose.

«Les pouvoirs publics ont agi un peu tard en ce qui a trait à la mise en place de parcs ou d’écoles, par exemple. Il aurait dû y avoir un zonage mixte dès le départ afin faciliter l’implantation de services publics et de commerces plutôt qu’une priorisation de la plus-value», critique-t-elle.

Le reste des subdivisions de l’arrondissement sont des destinations privilégiées pour ceux qui ont des enfants, avance Benoit Dorais.

«Émard–Saint-Paul est un des quartiers très populaires auprès des familles, établit-il. La proximité des stations de métro et une bonne desserte d’autobus fait en sorte que c’est idéal pour les personnes qui ont une voiture ou moins.»

Mixité sociale

Bien qu’il serait possible de croire qu’avoir plus de résidents engendrerait plus d’argent à réinvestir dans les services publics, le maire Dorais explique que les bénéfices sont marginaux. L’arrondissement reçoit 5 sous pour chaque dollar de taxes municipales perçu par la Ville.

«Ce qu’on doit faire à ce moment-là est d’adapter l’offre afin qu’elle puisse répondre autant aux besoins des nouveaux citoyens que de ceux des résidents qui sont là depuis longtemps. C’est pour cette raison que nous avons réinvesti dans les sports, la culture et les loisirs», affirme M. Dorais.

Selon la professeure de l’INRS, une grande vague de nouveaux résidents aisés peut faire basculer les vies de la population déjà en place. C’est notamment le cas dans Saint-Henri, le quartier du Sud-Ouest qui a connu la deuxième plus forte croissance dans les cinq dernières années.

«La nouvelle population a un pouvoir d’achat beaucoup plus important, donc ça change nécessairement la dynamique et l’offre commerciale, dit-elle. Les promoteurs investissent, haussent les loyers et sont très sélectifs par rapport à ce qu’ils louent. Cela rend la situation très difficile pour les commerces de proximité qui espèrent survivre.»

Le maire assure qu’une de ses priorités est de continuer d’offrir des logements sociaux et abordables afin que les résidents de longue date puissent «toujours avoir leur place» dans l’arrondissement.

Entre 2011 et 2016, la population totale de la ville de Montréal a cru de 55 175 personnes, une hausse de 3,3%.


La croissance de la population en chiffres

78 151

La population du Sud-Ouest en 2016, contre 71 546 en 2011.

8,4%

La proportion de la hausse démographique de la ville Montréal entre 2011 et 2016 pour laquelle est responsable l’arrondissement du Sud-Ouest. Sa population totale représente 4,6% des citoyens de la ville.

10,2%

La variation dans le nombre de logements privés occupés dans le Sud-Ouest entre 2011 et 2016. La moyenne montréalaise était de 2,6%. «Si on veut accéder à la propriété à meilleur coût et à proximité du centre-ville, c’est au Sud-Ouest que ça se fait», dit le maire de l’arrondissement, Benoit Dorais.

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