(Photo: TC Media - Justine Gravel) L'immeuble comprend des logements de différentes grandeurs, allant de studio à quatre et demi.

Devant les besoins grandissants en matière de réinsertion sociale, de nouveaux appartements supervisés pour ex-toxicomanes ont été érigés sur la rue William, dans Griffintown. Les Habitations communautaires Portage II accueillent une trentaine de personnes, comme Hind Boubbir, qui était dépendante à l’alcool et au cannabis depuis l’âge de 12 ans.

Inauguré ce lundi, l’immeuble de 30 logements a déjà atteint sa pleine capacité et plusieurs personnes se trouvent sur une liste d’attente.

Le bâtiment de six étages accueille les finissants des différents programmes de réadaptation donnés par Portage, un organisme à but non lucratif dont le siège social se trouve au centre-ville de Montréal et qui possède sept centres à travers le Québec. Les logements sont occupés par des mères monoparentales et de jeunes adultes.

Ils peuvent y résider pendant deux ans en payant un loyer équivalent à 25% de leurs revenus, comme le fait Mme Boubbir depuis janvier.

L’an dernier, la jeune femme de 27 ans s’est rendue chez Portage pour suivre une thérapie afin de combattre sa surconsommation d’alcool et de drogue. Après six mois à suivre le programme, elle ne se sentait toutefois pas prête à voler de ses propres ailes.

«Je n’ai pas de proches au Québec, j’avais donc peur d’être à risque en sortant du programme, dit la jeune femme originaire du Maroc. Ici, nous sommes comme une grande famille, on s’aide mutuellement.»

Avec trois salles de rencontre, une grande cuisine communautaire et une terrasse avec jardin sur le toit, les résidents peuvent discuter, s’entraider et partager leurs hauts et leurs bas. Ils bénéficient aussi de la présence de trois intervenants, sur place tous les jours, en cas de besoin.

Des activités sont aussi organisées les week-ends afin de créer un véritable esprit de communauté.

«Un choix stratégique»
Bâtir l’immeuble à vocation communautaire dans le Sud-Ouest ne relevait pas du hasard. «C’est un choix stratégique, lance Peter A. Howlett, président de Portage. C’est un quartier en effervescence, à deux pas du centre-ville et près des transports en commun.»

Le maire du Sud-Ouest et président du comité exécutif à la Ville de Montréal, Benoit Dorais, attribue également le choix de l’emplacement aux nombreux services à proximité. Ce dernier a autorisé le projet de longue haleine à la fin de son premier mandat, en 2013.

«Nous sommes à un jet de pierre du centre sportif de la Petite-Bourgogne, de la bibliothèque Georges-Vanier, en plus d’être au centre-ville sans vraiment l’être. Quand on sort de son chez-soi, il y a une vie et c’est important pour les gens qui sont en transition», explique-t-il.

Le premier projet des Habitations communautaires Portage est aussi situé dans l’arrondissement, sur la rue Dagenais, dans Saint-Henri, et compte une dizaine d’unités. M. Howlett souhaiterait voir un troisième projet immobilier naître dans ce quartier montréalais.

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