La Ville de Montréal maintient qu’elle n’aura pas le choix de déverser pendant sept jours consécutifs sur sa rive sud, entre LaSalle et Rivière-des-Prairies, des eaux domestiques usées directement dans le fleuve afin de pouvoir construire une chute à neige dans le cadre du projet Bonaventure.

Entre les 18 et 25 octobre, toutes les eaux non traitées qui sont habituellement acheminées à l’usine d’épuration par le collecteur sud-est, une canalisation d’un diamètre de cinq mètres, seront déversées dans le Saint-Laurent. Le débit de 13 mètres cubes par seconde pendant sept jours représentera un total de 8 milliards de litres d’eau.

«Ce n’est pas possible de dériver l’eau. Il n’y a pas de structures aussi grosses adjacentes», explique Philippe Sabourin, porte-parole de la Ville de Montréal. Ce sera la troisième fois en 12 ans qu’un événement de la sorte se produit.

Une chute à neige reliée au collecteur se trouve sous l’autoroute Bonaventure. Avec la mise au sol de la route, la Ville doit en construire une nouvelle. Ce travail ne peut se faire avec le collecteur en usage. «Il faut travailler à sec», souligne Philippe Sabourin.

Le rejet des eaux non traitées ne sera pas concentré en un seul site. Il se fera en une vingtaine d’endroits entre LaSalle et l’usine d’épuration de Rivière-des-Prairies par les ouvrages de surverse. Ces ouvrages servent à canaliser l’eau vers les cours d’eau quand il y a de fortes pluies et que le réseau d’égout ne suffit plus.

Le «dégrillage», c’est-à-dire l’interception des plus gros rejets avant le déversement dans le fleuve ne sera pas possible. Il y aurait risque de blocage et de refoulement dans les résidences.

Situation exceptionnelle
«Ça me fait mal au cœur, mais il s’agit d’une situation exceptionnelle de dernier recours, parce qu’il n’y a rien d’autre que nous pouvons faire afin d’éviter ces déversements», affirme la responsable de l’eau et des infrastructures de l’eau au comité exécutif de la Ville, Chantal Rouleau.

Elle se fait rassurante quant à l’impact écologique sur le fleuve. «L’eau dans le fleuve circule à un débit de 6000 à 8000 mètres cubes par seconde. Les déversements en question circuleront à un débit de 13 mètres cubes par seconde, alors ces eaux seront diluées très rapidement, l’impact sera minimum», soutient-elle.

Les entreprises sont soumises à une politique sur les rejets industriels. «Elles doivent s’occuper de leurs déchets, alors il n’y a pas à s’inquiéter de ce côté car ces matières ne sont pas déversées dans le réseau d’égouts domestiques», insiste Chantal Rouleau.

La Ville assure avoir choisi pour ces travaux le moment de l’année où les impacts seront les moins grands. «À la mi-octobre, il y aura moins d’impacts sur la faune et la flore», note Phillippe Sabourin.

Pendant le déversement, les citoyens devront éviter de pratiquer des activités où il y a un contact avec l’eau. La Ville a diffusé un premier avis le 18 septembre et rappellera les consignes durant le déversement.

(Avec la collaboration de Samantha Velandia)

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