Ça aurait pu être une rue, un parc, mais choisir une bibliothèque pour honorer la mémoire d’une femme qui a œuvré en éducation toute sa vie et qui a tant donné sa communauté était tout indiqué. Jacqueline De Repentigny marquera ainsi Verdun pour des générations à venir de la même façon qu’elle a participé à façonner l’arrondissement par le savoir et la culture.

Comme la Bibliothèque de Verdun, qui porte désormais son nom, Jacqueline De Repentigny a vu grandir les enfants Verdunois. Elle les a encouragés à persévérer dans leurs études, leur a donné le goût de la lecture.

Pendant 35 ans, elle a encadré les élèves de l’école primaire Chanoine-Joseph-Théoret, d’abord comme enseignante, puis comme directrice pour les douze dernières années de sa carrière.

Mais sa retraite n’a pas vraiment été un départ. Madame De est toujours restée présente dans les écoles, guidant les directeurs, donnant des directives même.

«Madame De pouvait se faire très insistante quand un projet lui tenait à cœur. Elle avait la particularité de beurrer épais, des deux côtés, plaisante son ami et ancien directeur de l’école Monseigneur-Richard, Laurent Dugas. Si une direction d’école avait le malheur de ne pas participer au fameux Concours des Caisses Desjardins, qu’elle chapeautait, elle mettait de la pression.»

Pas de politique, mais…
L’ancienne enseignante disait ne pas se mêler de politique, mais aucun politicien ne pouvait l’ignorer. Femme de réseau, elle ne se gênait pas pour faire appel à ses contacts afin de mousser un candidat qu’elle estimait.

«C’est sûr qu’elle a eu un rôle à jouer dans ma victoire en 2013», admet le maire Parenteau, que Mme De appelait simplement «le p’tit Jean-François».

Plusieurs élections, tant au municipal qu’au provincial et au fédéral, se sont probablement jouées dans sa maison de la rue Beatty, où elle passait des heures à téléphoner à tout un chacun, feuilletant son fameux carnet d’adresses.

«Je me souviens, après le dîner, elle me disait qu’elle allait jouer avec moi dès qu’elle aurait terminé ses téléphones. Puis, après cinq ou six appels qui pouvaient durer des heures, elle venait me rejoindre», raconte son petit-fils, Jonathan Lepage.

Femme dévouée
Il est évident que sa «grand-maman Ny» a toujours placé sa famille en premier, malgré ses nombreux engagements.

«Quand on arrivait chez elle, chaque samedi soir, c’était comme si le temps s’arrêtait», confie-t-il. Parmi ses précieux souvenirs, M. Lepage chérit particulièrement les dîners à partager avec elle un filet mignon de la boucherie Viandal, qu’elle servait toujours avec des asperges et une purée de pommes de terre.

Mme De avait la même réputation de dévouement et de générosité dans la sphère publique, siégeant bénévolement sur divers conseils d’administration, donnant à chaque cause, à chaque fondation qui pouvait améliorer le sort des Verdunois.

«Elle n’a jamais été une spectatrice de sa vie. Jusqu’aux derniers instants, elle a toujours eu un rôle à jouer pour faire bouger les choses», commente le maire Parenteau, qui avait souhaité que Mme De fasse partie de la toponymie verdunoise dès qu’il a appris son décès, en 2014.

Le projet a tout de suite été pris en charge par la conseillère Manon Gauthier, qui a lancé la démarche Toponym’Elles l’année dernière, avec l’objectif d’augmenter le nombre de femmes présentes dans la toponymie montréalaise.

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