Nicolas Ledain / TC Media La question de la relocalisation des organismes communautaires, comme ceux du centre Lajeunesse, est au coeur des préoccupations.

Un comité citoyen nommé «Où va le centre Lajeunesse» vient de voir le jour. Ses membres veulent des engagements des candidats aux municipales pour assurer la survie de cette institution de Villeray.

Pour répondre à l’augmentation démographique, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) compte récupérer son ancienne école Holy Family pour y installer un établissement scolaire. Seulement, depuis 1989, ce bâtiment est loué par la Ville de Montréal et occupé par le Centre de Loisirs communautaires Lajeunesse (CLCL) qui héberge huit organismes internes et accueille plus de 300 autres organismes externes qui louent des salles ponctuellement.

«C’est pas juste un lieu de loisir, c’est un milieu de vie. La Ville a l’intention de reloger les organismes conventionnés, mais pas tout le monde. On veut qu’ils aient tous la possibilité de nous suivre», souhaite Émilie Leroy, directrice générale du CLCL.

Dans la crainte d’une relocalisation dans un espace inadapté, des citoyens viennent de créer un comité afin d’obtenir des engagements politiques durant cette période électorale. «Où va le centre Lajeunesse» fera sa première rencontre le 24 octobre afin de présenter ses revendications aux candidats à la mairie d’arrondissement avant le 5 novembre.

«On veut des engagements concrets, pas des promesses électorales. C’est primordial, car il y a des services pour tous ici. C’est une mixité sociale, intergénérationnelle et pour les gens de toutes origines», assure Marie-Michèle Baril-Dionne, membre du comité.

Un lieu central
Le comité citoyen et les responsables du CLCL souhaitent aussi mettre en avant l’importance sociale du centre de la rue Lajeunesse.

«C’est un poumon communautaire, c’est aussi une extension de la cour d’école et de la cour du domicile. En 28 ans, on a bâti beaucoup de choses ici, ce n’est pas forcément quantifiable, mais c’est un point névralgique», estime Émilie Leroy.

«J’ai entendu des gens dire qu’ils ont déménagé pour être proches du centre. […] On doit penser à l’impact qu’aura une relocalisation dans la vie du quartier», ajoute Marie-Michèle Baril-Dionne.

Idéalement, le CLCL se verrait bien déménager dans l’ancien hôpital chinois. Ce bâtiment situé au coin de Saint-Denis et Faillon appartient au ministère de la Santé, mais il est à l’abandon depuis 1999.

Réponse politique
Pour le maire d’arrondissement Anie Samson, l’ancien hôpital est la piste privilégiée, mais cela passe d’abord par une négociation avec le ministère pour un rachat. De plus, en raison de la contamination à l’amiante du bâtiment, l’élue privilégie une destruction et une reconstruction, ce qui pourrait prendre plusieurs années.

«Nous avons été proactifs dès l’annonce de la CSDM avec tous les services. […] On est à l’écoute des besoins, mais il faut avoir l’esprit ouvert et il va falloir étudier d’autres scénarios», indique Mme Samson.

L’édile envisage notamment une relocalisation temporaire des organismes à plusieurs endroits le temps de faire avancer ce dossier.

Du côté de Projet Montréal, Giuliana Fumagalli, candidate à la mairie de VSMPE, se penche aussi sur la solution de l’hôpital chinois, même si le parti n’a pas encore de solution de relocalisation.

«C’est une chose de dire qu’on appuie les organismes, mais c’est une réponse évasive. [Le CLCL] est un enjeu clé et je suis consciente du stress énorme au sein de la communauté. J’ai sollicité le parti pour savoir ce qu’on va proposer», précise Mme Fumagalli.

Les deux candidates se sont par ailleurs engagées à offrir à terme une solution pour l’ensemble des organismes et pas uniquement ceux qui sont conventionnés.

Interrogé par TC Media, le commissaire scolaire du secteur, Kenneth George, a confirmé les intentions de la CSDM même si la décision finale ne sera transmise au ministère de l’Éducation qu’à la fin de cette année. Une demande pour une aide de 16 M$ a déjà été envoyée pour rénover l’édifice. Si le processus n’est pas retardé, les travaux pourraient démarrer courant 2019.

Les informations sur la première rencontre du comité sont disponibles sur la page Facebook «Où va le centre Lajeunesse».

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