Gracieuseté / JEU Montréal Des rassemblements sont organisés pour proposer ses services ou ses objets inutilisés à la communauté.

Le Jardin d’Échange Universel (JEU) propose une rencontre mensuelle dans Villeray depuis septembre. Cette assemblée permet de proposer ses services aux autres et de profiter réciproquement de ce que la communauté peut offrir.

«On a tous des talents pour s’entraider ou qu’on peut s’échanger. Ce n’est pas forcément pour sortir du système, c’est pour faire des rencontres plus humaines», explique Yann, cofacilitateur du JEU à Montréal.

Créé en 1998, ce système universel est à la fois une alternative à l’argent et une expérience communautaire locale. Il permet d’échanger des biens et services contre des points JEU que l’on peut à son tour échanger pour bénéficier des services ou des biens d’un autre participant.

À Montréal, après plusieurs initiatives ponctuelles, le JEU a été relancé fin 2016 dans Notre-Dame-de-Grâce par un regroupement d’individus qui compte désormais une centaine d’adhérents. Des rassemblements ont lieu une fois par mois et depuis le mois de septembre, un second point de rencontre a été créé dans Villeray.

«On avait beaucoup de gens qui venaient de l’est donc on recherchait un lieu pour se rencontrer à la fois dans l’ouest et dans l’est», explique Yann.

Lors de ces rencontres, une explication du JEU est proposée pour ceux qui y assistent pour la première fois. Ensuite, les «JEUeurs», nom donné aux participants, prennent la parole chacun leur tour pour présenter leurs talents ou amènent des objets dont ils souhaitent se débarrasser puis échangent les items ou services proposés. Les points JEU sont inscrits dans des carnets individuels qui permettent de comptabiliser les transactions.

«Nous avons réalisé que nos échanges créent de l’énergie, et que la richesse ne s’obtient pas par une bête accumulation de points, mais plutôt par le nombre d’échanges auxquels on participe. Peu importe le solde de notre carnet, lorsqu’on est inactif, rien ne se crée. Il y a un petit côté philosophique qui pousse à la réflexion», précise Yann.

L’une des valeurs essentielles du JEU est la souveraineté. Les échanges ne sont régis par aucune autorité et les points ne sont indexés que sur le temps. Ce sont les participants qui jugent le nombre de points à échanger lors des transactions. Chacun gère son carnet et peut consulter le carnet des autres JEUeurs.

En bientôt 20 ans d’existence, Yann assure qu’aucune fraude n’a été constatée dans ce système.

«Les gens ne viennent pas pour profiter de choses gratuites. Ils viennent pour profiter de la communauté et de l’entraide. […] Il n’y a rien de tel que de se rencontrer, c’est comme un petit marché», explique le cofacilitateur montréalais.

Tous les nouveaux membres sont invités à participer à une première rencontre pour rentrer dans le JEU. Pour ceux qui ont besoin d’un service rapidement, il est possible de démarrer avec un solde négatif qui sera par la suite comblé en offrant ses services à la communauté.

Le prochain rendez-vous de l’assemblée de Villeray sera le samedi 14 octobre à 14h au 8394 de la rue Lajeunesse. Les informations sont disponibles sur la page Facebook JEU Montréal.

Un système international

Le JEU a été imaginé en 1998 en France par Daniel Fargeas. Il s’est instauré la même année au Québec dans la ville de Stukely-Sud dans les Cantons de l’Est.
Avec ce système d’échange international, les points enregistrés dans le carnet personnel de chaque JEUeurs peuvent être échangés partout dans le monde au sein des communautés qui y adhèrent.
On compte aujourd’hui dix communautés qui pratiquent le JEU au Québec et une foire «InterJEUx» est organisée chaque année pour rassembler tous ces participants de la province.

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