C’est le début de la nouvelle année, au sortir de la période des Fêtes… et c’est aussi, habituellement, le moment où il faut payer les plus monstrueux comptes de cartes de crédit de l’année.

Si on a su se contenir, ou mettre de côté les fonds nécessaires, il n’y aura pas de mal. Une carte de crédit est un instrument utile lorsqu’on règle le solde à l’échéance. Mais un Québécois sur cinq paie rarement la totalité de son compte : les frais d’intérêt commencent alors à s’accumuler, et l’addition peut devenir salée, surtout s’il s’agit de cartes de crédit de magasins dont les taux d’intérêt frôlent 30 %.

Sébastien Brousseau, qui a 34 ans, sait maintenant à quel point il est risqué de devenir accro aux cartes de crédit. Nous l’avons rencontré dans le cadre du tournage du premier épisode de Déficit Zéro, diffusé hier soir sur les ondes de Télé-Québec.

Nous avons suivi son histoire, depuis le moment où il ne peut s’empêcher d’utiliser ses cartes jusqu’au jour où il décide de reprendre ses finances en main.

D’entrée de jeu, Sébastien admet candidement détenir plusieurs cartes de crédit. Combien? Sept! C’est pratiquement la norme aux États-Unis, où on évalue qu’un usager moyen se balade avec huit cartes. Mais ici, c’est beaucoup. D’autant plus qu’en 16 ans, depuis le jour où il reçu sa toute première carte de crédit, Sébastien n’a jamais acquitté un solde au complet. C’est une petite fortune en frais d’intérêt qui lui a filé entre les doigts durant cette période.

Pire : ses soldes se sont accumulés. Lorsque nous l’avons rencontré la première fois, ses soldes impayés totalisaient 21 000 $. En cours de route, voyage dans le Sud et autres dépenses aidant, le montant a progressivement grimpé pour dépasser 25 000 $.

Sébastien Brousseau gagne un bon salaire. Mais c’est un bon vivant qui n’aime pas se priver. Il va au restaurant, se paie des billets de hockey, est un grand amateur de gadgets électroniques, voyage régulièrement… Comme père de famille monoparentale, il s’inquiète du sort de sa petite famille avec ses dettes qui ne cessent de s’accumuler. Il commence à craindre pour sa maison et se demande si sa vie ne va pas basculer.

Sentant qu’il est acculé au mur, il réagit enfin et va demander conseil auprès de l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) locale. Il se rend alors compte qu’il doit rapidement adopter un nouveau mode de vie. «Avant, j’allais vers la facilité, reconnaît-il. Mais la réalité frappe.»

Alors qu’il ne traînait jamais d’argent dans ses poches, il va se mettre à payer comptant. Il va aussi chercher à consolider ses dettes auprès de son institution financière, sans trop de succès parce que sa cote de crédit est médiocre. Au moins, on va lui proposer de rassembler ses dettes de crédit sur une seule carte, assortie d’un taux d’intérêt plus raisonnable. Et dans un geste hautement significatif, il prendra finalement une paire de ciseaux pour couper en morceaux les cartes dont il n’a plus besoin.

Va-t-il désormais se mettre à vivre comme un moine? Non. Mais il a appris à être plus vigilant. Son niveau de stress va baisser avec le temps… même si le chemin qui l’attend demeure parsemé d’obstacles. Il a au moins appris à regarder droit devant. C’est déjà ça de pris!

Déficit zéro
René Vézina donne un coup de pouce à des gens aux prises avec des problèmes financiers : mercredi 19 h 30, à Télé-Québec.

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