L’Iran renforce méthodiquement sa mainmise sur le Moyen-Orient et un homme incarne cette guerre de l’ombre : Qassem Soleimani. Le connaissez-vous?

Cet inconnu, les dirigeants de l’Occident ont fini par le découvrir comme l’incontournable du Moyen-Orient, le réservoir de l’or noir de notre planète. Dans la foulée, de plus en plus de médias occidentaux lui consacrent des reportages pour percer son énigme.

Qassem Soleimani en personne leur a offert la clé. En 2008, ces médias ont diffusé une anecdote incroyable. Le haut gradé iranien a osé envoyer en son propre nom ce texto au chef de l’armée américaine dans la région : « Cher général Petraeus, vous devriez savoir que c’est moi, Qassem Soleimani, qui dicte la politique de la République islamique d’Iran en Irak, au Liban, à Gaza et en Afghanistan. Au fait, notre ambassadeur à Bagdad est un membre de la force Al Quds. Et celui qui le remplacera, aussi. »

D’après plusieurs papiers publiés à l’époque, David Petraeus a été sonné, car aucun officiel américain n’a jamais rencontré l’expéditeur du message qu’il venait de recevoir sur son cellulaire, même si son nom figurait sur des fiches de la CIA.

Le cinquantenaire Qassem Soleimani est pour ainsi dire l’homme le plus puissant de l’Iran. Général de l’armée iranienne, cet ancien des Gardiens de la révolution, le mouvement le plus puissant d’Iran, est le chef de la force iranienne d’élite Al-Quds.

Ce crac de la guerre a des faits d’armes des plus spectaculaires. Qassem Suleimani aurait forcé la main des Américains pour dessiner l’ampleur de leur retrait de l’Irak et réussi à maintenir au pouvoir un Bachar al-Assad affaibli.

Sa méthode est simple : ses forces d’élite soutiennent ses alliés, les forces chiites sur le terrain, partout dans la région, et il manipule habilement les djihadistes sunnites proches d’Al-Qaïda pour nuire aux forces américaines, mais aussi pour embêter la progression du groupe armé État islamique (ÉI).

L’homme fort de l’Iran dans la région est aussi un dur à cuire. Plusieurs vidéos à sa gloire circulent sur le web. On y voit ce haut gradé diriger les opérations militaires sur les champs de bataille, notamment en Syrie. Il tient ainsi tête à l’Arabie Saoudite et ses partisans sunnites, les alliés naturels de l’Amérique au Moyen-Orient.

Même si l’embargo a semé la pagaille dans son économie et que le pays subit aussi une guerre secrète depuis plusieurs années pour retarder son programme nucléaire avec à la clé, cyber-attaques et assassinats de ses militaires et ingénieurs, l’Iran tient tête.

Cette résistance chiite doit beaucoup à Qassem Suleimani, un dirigeant qui parle désormais à visage découvert à ses ennemis, l’Occident et les sunnites, mais aussi un héros plébiscité en Iran.

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