Les enfants dans la publicité

Des publicités avec des enfants m’ont interpellée au sujet de ce que nous leur transmettons. Dans une publicité de Cheetos, de la marque américaine Frito-Lay, des enfants détruisent des fruits pour s’emparer du paquet de Cheetos, friandises grasses et salées. Cette publicité transmet l’incitation à la violence devant des parents qui n’ont aucun scrupule à mener leurs enfants de la malbouffe à l’obésité pré-pubère. Dans une publicité de la Banque Nationale, pour exprimer que le temps passe vite, une mère regarde sa fillette qui se trémousse en se déhanchant et en chantant devant un miroir. La BN utilise une enfant qu’elle hyper-sexualise. Elle limite les aspirations d’une fillette à la séduction, à l’utilisation de son corps selon des stéréotypes réducteurs et misogynes. Je pourrais proposer le boycott, mais pourquoi faut-il la menace, l’argument monétaire, pour que les divers responsables prennent conscience du problème et procèdent à une réflexion sur la santé et la dignité des enfants? Qui ne dit mot consent. Je dis ma désapprobation face à ces deux publicités.

Lucie Poirier

La guerre contre les pauvres

La forme de discrimination qui semble la plus populaire, la plus tenace et la plus pernicieuse qui soit ne fait pas l’objet de réprobation publique. Il s’agit de la discrimination économique, plus particulièrement contre les assistés sociaux. Une récente étude effectuée pour le compte de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, et dont faisait état le journal Le Devoir le 15 janvier dernier, de même que le journal Forum de l’Université de Montréal le 14 janvier, indique que seulement 50,9 % des Québécois ont une opinion positive des personnes assistées sociales.
Ce type de discrimination relève de l’idéologie ambiante et contribue à montrer du doigt les victimes du néolibéralisme, plutôt que les coupables. On remarquera que même un certain nombre d’humoristes ne se gênent pas pour taper sur les plus faibles, se faisant une gloire d’exercer une liberté d’expression qu’ils ne retournent pas contre les oppresseurs.

Il convient ici de rappeler une blague fort juste qui circule depuis longtemps sur les réseaux sociaux. Dans une pièce, sur une table, il y a 12 biscuits et près de la table sont assis un ouvrier et un assisté social. Arrive un président-directeur général qui gobe 11 biscuits et hurle à l’ouvrier :«Attention, le BS va te voler ton biscuit!» Cette illustration est parfaitement représentative de ce qui se passe dans la réalité économique. Plutôt que de chercher les causes de la pauvreté, on essaie de liguer la classe moyenne avec les riches contre les pauvres qui en sont victimes.

J’ai hélas observé cette attitude même dans des milieux syndiqués, où certaines personnes se permettaient de juger les bénéficiaires de l’assistance sociale sans qu’on remette en question leurs préjugés. Bien sûr, tout le monde me ressortira l’histoire d’untel ou d’unetelle qui travaille au noir tout en retirant du bien-être social. Ces cas sont pourtant marginaux et caricaturaux. Par ailleurs, si vous deviez vous arranger avec 600 $ par mois, je suis convaincu que vous feriez appel au système D pour boucler vos fins de mois. On n’arrive même pas à payer un loyer à Montréal avec cette somme.
Il serait grand temps qu’une campagne de publicité sociétale attire l’attention sur cette discrimination délétère pour notre société. Il ne faut pas compter sur le gouvernement du Parti libéral du Québec pour entreprendre cette tâche nécessaire puisqu’il contribue lui-même à renforcer ces préjugés.
Et ce qui m’afflige le plus, c’est que le groupe qui obtient encore moins d’appuis de la part de la population, ce sont les manifestants, avec 43 % d’opinions favorables, alors que ce sont eux qui luttent pour la justice sociale. L’atomisme social est à son apogée.

Francis Lagacé

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