Pourquoi certains élèves qui réussissaient bien au secondaire éprouvent-ils soudain autant de difficultés une fois au cégep ou à l’université?

C’est la question à laquelle deux chercheurs, Graham Beattie, de l’université de Pittsburgh, et Jean William P. Laliberté, de l’université de Toronto, ont 
voulu répondre. Leur recherche, intitulée Thrivers and Divers: Using Non-Academic Measures to Predict College Success and Failure, vient tout juste de paraître et suscite beaucoup d’intérêt.

Lorsque j’étais conseiller d’orientation, je rencontrais parfois des jeunes qui se vantaient d’avoir obtenu de très bonnes notes au secondaire sans jamais ouvrir leurs livres. Comme ils étaient talentueux, ils s’étaient inscrits à un programme exigeant au collège ou à l’université, convaincus que la réussite continuerait d’être au rendez-vous. Or, voilà que, soudainement, leur performance académique plongeaient. Les auteurs de la recherche les nomment d’ailleurs des divers (littéralement, des plongeurs). Comme ils n’avaient jamais connu l’échec auparavant, ils étaient devenus anxieux et incertains, et consultaient pour comprendre ce qui leur arrivait.

D’un autre côté, on rencontre de temps à autre des étudiants qui réussissent mieux au collège ou à l’université que ce que leurs notes au secondaire auraient permis de prévoir. Le défi des études suscite chez eux un grand désir de s’améliorer et de réussir. Les auteurs les nomment donc les thrivers.
Qu’est-ce qui les distingue des jeunes qui coulent, les divers» D’après les résultats préliminaires, la différence la plus importante est toute simple. Ceux qui excellent, les thrivers, étudient au moins trois heures de plus par semaine que ceux qui coulent. Ils abordent leurs études avec un plus grand sérieux et sont conscients de l’importance du travail assidu dans toute réussite.

Un trait de personnalité en cause

Les auteurs ont alors fait passer un test de personnalité aux deux groupes. Ils ont ainsi découvert que ceux qui coulent obtiennent un score faible pour le trait de personnalité qu’on nomme la conscience. Les gens peu consciencieux sont souvent impulsifs, ne planifient pas leurs tâches et attendent la dernière minute pour les accomplir. Ils font souvent preuve d’impatience et ont de la difficulté à consacrer le temps nécessaire aux diverses activités et à gérer leur réalisation.
Au contraire, ceux qui excellent présente un score élevé pour la conscience. Ils sont plus disciplinés, répartissent mieux leur temps entre les diverses tâches et s’assurent de les réaliser à temps. Ils se montrent aussi plus constants et persévérants. Donc, non seulement ils travaillent plus que ceux qui coulent, mais ils travaillent mieux. Aucun autre trait de personnalité évalué par les chercheurs ne permet d’expliquer la différence entre les deux groupes.

Ce trait de personnalité n’est pas seulement important pour la réussite des études, mais aussi dans plusieurs métiers et professions qui demandent de la patience, le souci du détail et une bonne gestion de son temps, comme la comptabilité et d’autres métiers de la finance. Ainsi, apprendre à bien travailler durant ses études prépare aussi à réussir sur le marché du travail.

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