Le nouveau site Ouin, Pis! encourage les garçons comme les filles à faire un choix de carrière non traditionnel.

Particulièrement dans les métiers professionnels et techniques, les garçons et les filles font souvent des choix de programmes en fonction de leur genre. Il est rare de voir un garçon, par exemple, s’inscrire en techniques infirmières. À l’inverse, on trouve encore très peu de filles dans les divers programmes de mécanique (automobile, industrielle, etc.).

Academos, un réseau social qui met en relation des jeunes avec quelque 2200 mentors, et la ministre responsable de la condition féminine, Lise Thériault, ont annoncé la semaine dernière la mise en ligne du site Ouin, Pis!, qui vise à combattre ces préjugés. On y trouve, entre autres, une vidéo très intéressante où un jeune homme annonce à son ami qu’il s’est inscrit en sciences infirmières.

Devant le sarcasme de son copain («Techniques infirmières, on s’entend, y’a pas mal plus de filles!»), il explique les raisons de son choix en des termes très clairs («Ouin,pis! tu penses que soins infirmiers, c’est réservé aux filles?»), laissant l’autre abasourdi.

Le site comprend également des portraits de jeunes qui réussissent dans un métier communément associé au sexe opposé, de même qu’un jeu-questionnaire permettant de déterminer l’attitude à adopter lorsqu’on fait face à des préjugés sur les carrières.

Bien des efforts ont été faits au cours des dernières années pour intéresser les filles aux métiers dits masculins et ainsi hausser les revenus des femmes. On pense par exemple au concours Chapeau, les filles! À ma connaissance, c’est la première fois qu’une initiative de ce type s’adresse aussi aux garçons et les encourage à s’inscrire à des formations suivies majoritairement par des femmes.

Au cours des 30 dernières années, plusieurs secteurs d’activité qui embauchaient surtout des hommes ont décliné. Plus de garçons devraient donc s’intéresser à des carrières dites féminines.

En effet, s’intéresser à ces domaines est devenu une bonne idée. Au cours des 30 dernières années, les secteurs d’activité qui embauchaient surtout des hommes ont décliné : manufacture, transport, etc. Les secteurs où la demande de main-d’œuvre est la plus importante sont ceux des services : santé, hospitalité, services aux individus. Ces secteurs d’activité embauchent beaucoup de femmes. C’est une des raisons pour lesquelles leur taux d’activité a rattrapé celui des secteurs dits masculins, alors que ces derniers font presque du sur place.

Il ne sera pas facile, pour bien des garçons, de s’intéresser à des métiers qu’ils considèrent comme féminins. Traditionnellement, les hommes ont occupé les métiers qui demandent une certaine force physique et des habiletés manuelles. Plusieurs garçons s’imaginent plus facilement dans une profession qui demande de construire, de réparer ou d’assembler. Pas vraiment dans un métier qui demande de prodiguer des soins ou de répondre aux besoins des autres. C’est leur identité en tant qu’hommes qui serait remise en question par ces métiers.

Bien sûr, les perceptions des hommes, comme des femmes, ont beaucoup évolué, mais il ne faut pas pour autant sous-estimer l’influence des modèles traditionnels sur bien des garçons.

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