Force est de constater que dès qu’il y a une crise, des fausses informations circulent sur l’internet. C’est immanquable. Que ce soit l’appât du clic ou la soif du scoop, beaucoup de gens (et de médias) partagent sans prendre le temps de bien vérifier leurs informations.

Prenez l’exemple de «Nabila», cette jeune femme de Béni Mellal, au Maroc, qui a vu son identité usurpée par plusieurs internautes (et même certains médias) la semaine dernière. Le hic: on distribuait ses photos – dont une où elle est dénudée – en alléguant qu’elles montraient Hasna Aït Boulahcen, cette jeune femme morte dans le raid à Saint-Denis mercredi dernier (plusieurs médias avaient d’ailleurs faussement reporté que Mme Boulahcen s’était fait sauter lors de ce raid).

Le tabloïd britannique Daily Mail avait même fait circuler ces photos dans un tweet, qui a été retiré depuis. Il faut par contre savoir que rien n’est jamais effacé sur l’internet. Voici donc une capture d’écran d’une version en cache de ce tweet (sorry, Daily Mail!):

Capture d’écran 2015-11-23 à 10.51.33

Le Daily Mail a retiré les photos de son article, mais n’a pas émis de rectificatif ou de mise à jour, ce qui est quand même un peu lâche de sa part. Il faut admettre ses erreurs!

La véritable femme de ces photos a offert un témoignage au site marocain Alyaoum24 (voici une traduction en anglais du quotidien britannique The Guardian), où elle a raconté avoir donné ces photos à une amie, qui les aurait vendues par la suite au Daily Mail (l’inspecteur connaît une personne qui aura une amie en moins sur Facebook, en tous cas).

La jeune femme indique aussi qu’elle veut «demander aux autorités compétentes d’intervenir» (est-ce que l’inspecteur viral compte comme une autorité compétente en matière de fausses nouvelles virales? Parce que, si oui, il est intervenu!).

La morale: lorsqu’un attentat survient, on essaie généralement de connaître le plus vite possible l’identité des auteurs. Par contre, les médias et les internautes ne sont pas CSI (Les Experts, en français, ou le nom de série télévisée le plus soporifique de l’histoire); il faut donc les prendre avec un grain de sel quand ils véhiculent des informations à propos d’une scène de crime que les vrais enquêteurs n’ont pas encore rendues publiques.

Puis aussi, tsé, peut-être avoir un peu de gêne quand il s’agit de photos topless

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