Les choses bougent vite dans ce qu’on appelle «Indian Country», surnom qu’on donne à la grande communauté autochtone canadienne. Comme un représentant inuk a dit en comité parlementaire sur les droits humains : «À l’intérieur d’Indian Country, on se connaît. On connaît nos familles, nos histoires, peu importe la distance.» C’est vrai. Nous ne sommes que 1,67 million au pays. Les réseaux sociaux, malgré les effets négatifs qu’on leur connaît, nous permettent de nous informer des différentes résistances autochtones ailleurs dans le monde ou ici. Facebook a rapproché Indian Country.

Sur les réseaux sociaux, j’ai accès à des discours peu entendus dans nos instances souvent réservées aux chefs ou autres élus. Je peux suivre les discussions à l’Assemblée des Premières Nations du Canada simultanément et entendre ceux qui expriment leur désaccord envers notre leadership. J’ai aussi l’occasion de voir ce qui se passe sur des fronts comme Kinder Morgan, puisque les activistes autochtones utilisent beaucoup les réseaux sociaux pour faire entendre leur message. Il s’agit souvent de la seule tribune à laquelle ils ont accès.

Récemment, des prêtres mennonites sont devenus viraux sur Facebook et Twitter. Vous savez, dans nos luttes autochtones, nous trouvons des alliés naturels comme les autres minorités visibles, mais j’ai été très surprise d’apprendre que Mennonite Church Canada est un de nos plus grands alliés. Ces prêtres sont allés protester à Burnaby, en Colombie-Britannique, malgré l’injonction. Alors que des évêques étaient au parlement canadien pour dire que le pape n’a pas à s’excuser pour les pensionnats, des prêtres étaient en train de se faire arrêter pour avoir défendu nos droits inhérents et ancestraux.

Contrairement aux libéraux de Justin Trudeau, Steve Heinrichs a bien compris ce qu’est la réconciliation. Comme le site de Mennonite Church Canada l’indique, l’organisation a un directeur des relations avec les Autochtones, car nous sommes vos hôtes sur nos territoires et non l’inverse. Dans les dernières années, Steve a été un des plus grands supporteurs dans la bataille pour la reconnaissance de nos droits. Parmi les nombreuses activités qu’il a organisées, il y a eu le Pilgrimage for Human Rights, au cours duquel un groupe de Mennonite Church Canada a marché 600 km d’église en église pour appuyer la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. C’est le genre d’efforts qui me réconcilie avec l’Autre. Je ne vais pas à l’église pour des raisons bien évidentes, mais Steve Heinrichs et ses collègues me donnent un peu d’espoir en ce qui concerne le genre de collaboration que nous pouvons réaliser ensemble.

J’ai assisté au vote sur la motion de Charlie Angus et mon père réclamant des excuses du pape pour les pensionnats autochtones. Charlie a voté en faveur, plume en l’air et fixant les Autochtones dans les galeries. Steve Heinrichs et Charlie Angus sont des personnes avec qui j’entretiens une amitié seulement virtuelle – pour le moment. Au moins, les réseaux sociaux me permettent d’exprimer ma gratitude à ceux d’entre vous qui marchent à nos côtés.

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