Appelons un chat un chat. L’islamophobie existe au Québec et la tuerie du 29 janvier 2017 en est une expression radicale.

L’excellente chronique de mon collègue Gérard Bouchard dans La Presse du 25 janvier dernier est on ne peut plus très instructive. Il définit l’islamophobie comme désignant des perceptions et des attitudes négatives pouvant conduire à des propos offensants et à des actes violents à l’encontre de citoyens de confession musulmane. Pour lui, le mot est transparent. Et il est clair pour moi que c’est ce qui caractérise la tuerie du 29 janvier.

La définition du dictionnaire Webster parle de peur irrationnelle, d’aversion et de discrimination contre l’islam ou la population qui le pratique. Il s’agit bien d’hostilité envers l’islam et les musulmans. N’est-ce pas exactement ce que représente la tuerie du 29 janvier 2017?

Se rappeler un acte islamophobe ne veut absolument pas dire que l’ensemble de notre société est islamophobe. Ce serait comme dire que commémorer l’esclavagisme voudrait dire que nous sommes tous esclavagistes. Organiser une journée contre le racisme ne signifie pas que nous sommes tous des racistes. Dire que l’antisémitisme existe au Québec ne fait de notre société une société d’antisémites.

Depuis quand dénoncer l’islamophobie aurait comme conséquence d’exposer les musulmans à davantage de stéréotypes et d’hostilité, comme le prétendent certains?

Depuis quand utiliser le terme islamophobie amènerait à faire taire les critiques de l’islam? On peut être anti-islamophobe tout en rejetant de façon univoque l’islam radical.

En fait, on peut très bien respecter la liberté de religion tout en rejetant toute forme d’intégrisme et de fondamentalisme, qu’il soit chrétien, juif ou musulman

Comme le dit Gérard Bouchard, «idéalement, il conviendrait donc de revenir à la notion d’islamophobie.» J’ajouterais: non seulement « idéalement » mais en pratique aussi.

L’islamophobie existe au Québec sous plusieurs formes, que ce soit par les propos et les manifestations des groupes d’extrême droite comme Pediga et la Meute, ou encore par des actes de vandalisme auprès de mosquées. Une autre forme plus insidieuse s’exprime à travers des perceptions qui multiplient par cinq le poids réel de la population musulmane au Québec. C’est cette fausse perception qui alimente les peurs.

L’islamophobie s’est également exprimée le 29 janvier 2017 par l’attentat à la Grande Mosquée de Québec qui a fait 6 morts et 5 blessés. C’est de cela qu’il faut parler. C’est cela qu’il faut se remémorer.

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