Denis Bernier\collaboration spéciale L’honorable juge Juanita Westmoreland-Traoré pose aux côtés de l’étudiant engagé Sameer Zuberi.

Alors qu’il étudie en mathématiques au début des années 2000, Sameer Zuberi prend goût à l’implication sociale. Dix ans plus tard, finissant en droit à l’UQAM, il est récompensé pour son engagement.

La Faculté de droit de l’UQAM vient de lui remettre la première bourse Juanita Westmoreland-Traoré, une récompense d’une valeur de 3000$ destinée à souligner et à promouvoir l’engagement étudiant. Plus particulièrement, cette reconnaissance vise à souligner le travail d’un étudiant investi dans la promotion des droits de l’Homme, de la justice sociale et du droit à l’égalité, des valeurs primordiales pour Sameer Zuberi.

«Je me bats depuis 10 ans pour la dignité et le respect, et je suis fier de l’impact concret qui peut être observé sur la vie des gens.» Il se souvient par exemple d’une femme ayant poursuivi son employeur, une multinationale, pour discrimination basée sur le sexe. Après l’avoir épaulée durant des mois, le jeune étudiant a eu le plaisir de voir la compagnie présenter ses excuses à la dame, en plus de lui offrir une compensation financière.

Le lauréat s’est, au fil des ans, impliqué dans une douzaine de causes, certaines très médiatisées. Par exemple, il a œuvré à Ottawa afin de faire libérer Maher Arar et s’est également impliqué dans le dossier des certificats de sécurité impliquant Adil Charkaoui. Il a en outre été candidat de Projet Montréal au poste de conseiller de ville à Pierrefonds-Roxboro Est.

«Parent, militant et étudiant, Sameer Zuberi est réellement exceptionnel sur le plan de son engagement politique et social», affirme Me Lucie Lamarche, professeure à la Faculté des sciences juridiques de l’UQAM. «Il a une perspective axée sur le dialogue et la compréhension des différences», ajoute-t-elle.

Juanita Westmoreland-Traoré, source d’inspiration
Westmoreland-Traoré, première juge noire de l’histoire du Québec. Professeure au Département des sciences juridiques de l’UQAM de 1976 à 1991, elle a également assumé la présidence du Conseil des communautés culturelles et de l’immigration du Québec de 1985 à 1990. «Toujours portée par un idéal de justice sociale, la juge Westmoreland-Traoré est une grande source d’inspiration pour nous», souligne Me Lucie Lamarche. «Déjà au début des années 1990, elle a osé parler de profilage racial dans ses jugements, une rareté à l’époque.» En 2001, l’UQAM lui a décerné un doctorat honoris causa afin de souligner son énorme contribution aux droits et libertés de la personne.

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