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Un collègue qui rayonnait semble s’éteindre un peu plus chaque semaine.

À l’habituel comment ça va?», il répond la formule automatique «très bien»… Comment intervenir alors qu’on n’est que camarades de travail?

Un sondage publié en 2007 par Ipsos Reid rapportait que presque un travailleur canadien sur cinq a déjà reçu un diagnostic de dépression. Si on y ajoute toutes les personnes dépressives qui n’ont jamais reçu de diagnostic, il est facile de conclure que nous avons tous côtoyé un collègue dépressif à un moment dans notre carrière. Les proches de personnes souffrant de dépression soulignent souvent leur sentiment d’impuissance, d’où l’importance de prendre le temps de voir ce qu’il est possible d’accomplir pour aider un collègue dont l’état semble se détériorer.

Faire une différence
Claude Chagnon, conseillère en ressources humaines pour Randstad Ingénierie, est convaincue que chaque membre de l’équipe de travail peut jouer un rôle-clé dans le mieux-être de ses collègues. «Si vous êtes proche de ce collègue, je préconiserais une approche directe, de préférence à l’extérieur du bureau. Par exemple, invitez la personne à dîner au restaurant du coin pour lui faire part de vos inquiétudes. Si vous mentionnez que vous ne faites pas ça pour vous interposer dans sa vie, mais simplement parce que vous tenez à elle, le message a de meilleures chances de passer. Informez-vous d’abord des mesures de soutien qui sont en place au sein de votre entreprise. De cette façon, vous pourrez guider la personne si elle est ouverte à votre aide.»

Il faut cependant éviter à tout prix d’être trop insistant pour éviter que votre collègue se ferme à la discussion. Et si vous ne connaissez pas beaucoup la personne qui semble aller de mal en pis, Claude Chagnon suggère d’identifier un collègue qui semble proche d’elle et de voir si lui se sent à l’aise d’intervenir.

Dans le cas où le collègue déprimé serait réfractaire à l’aide que vous tentez de lui offrir, Claude Chagnon croit que d’en parler à son superviseur devrait être envisagé seulement en tout dernier recours. «On ne sait pas si le superviseur est la cause du problème, c’est donc très délicat de l’impliquer dans ce processus. L’important, c’est de nous dire que notre intervention aura peut-être été le déclencheur qui poussera la personne à aller chercher de l’aide, même si on a l’impression que ça n’a rien changé.»

Discrétion et distance
Mais prudence reste le mot d’ordre: la discrétion est de mise pour ne pas envenimer la situation, qui pourrait dégénérer et devenir une affaire de bureau dont tout le monde parlera.

Finalement, si votre collègue décide de s’ouvrir à vous, il est important de vous présenter comme une oreille et non un service de psychothérapie. Récapitulez ce qu’il vous dit pour être certain d’avoir bien compris en vous abstenant de lui donner des conseils. Demandez-lui plutôt quelle forme pourrait prendre l’aide que vous lui offrez. Vous ferez certainement une différence dans la vie de cette personne.

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