Josie Desmarais/Métro Frédérick Antoine Mallette

Une découverte effectuée par des chercheurs québécois, publiée aujourd’hui dans la revue Nature Communications, permet de mieux comprendre certaines causes du cancer du cerveau et ouvre la porte à des traitements de chimiothérapie personnalisés et plus efficaces.

Au Canada, 75% des gens qui reçoivent un diagnostic de cancer du cerveau décèdent en moins de cinq ans. Il en reste donc beaucoup à faire pour déceler les facteurs favorisant ce cancer et définir des façons de le traiter.

Frédérick Antoine Mallette, du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, et Marc-Étienne Huot, de l’Université Laval, se sont attardé à des mutations d’enzymes présentes chez environ 80% des patients atteints de cancer du cerveau et 15% de ceux atteints de leucémie, en particulier ceux ayant la leucémie myéloïde aiguë.

«On parle de deux enzymes du métabolisme, nommées isocitrate déhydrogénase 1 et 2, impliquées dans la production d’énergie cellulaire. En raison d’un défaut génétique, elles subissent parfois une modification et produisent un nouveau composé. Ce composé est peu abondant dans la population en général, mais très abondant chez les gens souffrant d’un cancer du cerveau», a expliqué M. Mallette en entrevue avec Métro.

Les raisons pour lesquelles cette mutation cause le cancer étaient jusqu’ici peu connues. Pour tenter de répondre à cette question, M. Mallette et M. Huot ont étudié des cellules en laboratoires, notamment celles de tissus de patients atteints de cancer.

«On a trouvé un des mécanismes par lesquels ces mutations favorisent la prolifération des cellules, qui vont alors former des tumeurs. Elles augmentent aussi la survie cellulaire, ce qui fait que les cellules corrompues ne vont pas mourir comme elles le devraient», a souligné M. Mallette.

Le chercheur soutient que ces connaissances sont des pistes pour le développement de nouvelles thérapies personnalisées qui bloqueraient ces mécanismes de prolifération des cellules cancéreuses. Mais encore faut-il que des chercheurs cliniciens se lancent dans cette voie.

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