Cachés la plupart du temps, les dessous gagnent pourtant à être étalés au grand jour, surtout en ces temps de Saint-Valentin. Sous leurs bretelles et leurs dentelles, ils cachent une histoire et témoignent de modes et de tendances. Regard sans pudeur sur les dessous.

Dans l’abribus, près des autoroutes et dans les magazines, les publicités de sous-vêtements, plus présentes que jamais, font de l’Å“il aux passants. Au magasin La Baie, c’est désormais un étage complet qui est consacré aux sous-vêtements.

Selon Mariette Julien, professeure à l’École supérieure de mode de Montréal et auteure d’ouvrages au sujet de la mode et de la publicité, cette omniprésence du sous-vêtement dans le paysage quotidien a ses raisons. «Il y a, depuis quelques années, un engouement pour les sous-vêtements. Le fait que les femmes soient désormais engagées dans des activités variées et qu’elles changent de partenaires plusieurs fois pendant leur vie fait qu’elles consomment plus de lingerie qu’avant», explique-t-elle.

De nos jours, la femme doit donc posséder plusieurs ensembles qui seront adaptés à la situation. La réunion de travail, la sortie chic, le cours de sport ou la séduction du nouvel amoureux sont autant de raisons de se procurer de nouveaux sous-vêtements. D’après Mariette Julien, ouvrir un tiroir de sous-vêtements peut en dévoiler beaucoup sur la femme à qui il appartient et sur son mode de vie. Est-elle sportive, professionnelle, coquine, excentrique ou un peu de tout ça? Ses sous-vêtements le diront. Mais avant tout, la lingerie reste associée à une symbolique sexuelle. De nos jours, les publicités disent qu’il faut être beau et sexy, mais aussi qu’il faut annoncer le plaisir, croit Mariette Julien. Selon elle, la séduction est d’ailleurs devenue un mode de vie à l’intérieur duquel les sous-vêtements jouent un rôle important. À une époque d’hypersexualisation comme la nôtre, ils deviennent souvent plus stimulants que la nudité…

Bien que la lingerie reste la plupart du temps cachée, elle suit, au même titre que les vêtements, la mode et les tendances du moment. «La mode qu’on voit sur les podiums est précurseure et cherche à provoquer des changements. Elle influencera souvent le monde du sous-vêtement quelques années plus tard», explique Mariette Julien. Elle cite en exemple les pantalons taille haute qui ont fait leur apparition dernièrement et qui ont commandé le retour de la culotte taille haute, de plus en plus présente sur le marché. «Les sous-vêtements doivent s’adapter aux vêtements», ajoute-t-elle. Raymonde Tranchemontagne, directrice de dessins chez Wonderbra depuis 42 ans, annonce elle aussi l’arrivée imminente de la culotte haute qui donne un effet rétro. Selon elle, une autre tendance est à surveiller : les sous-vêtements remodelants, de plus en plus légers et confortables.

D’après Raymonde Tranchemontagne, la relation qu’entretient chaque femme avec les sous-vêtements varie surtout en fonction de l’âge et de la taille de la poitrine. Mais en général, elle remar­que qu’ici, contrairement à l’Europe, les femmes semblent avoir peur de montrer leur féminité. «Les soutiens-gorges sont uniques aux femmes, alors il faut en profiter et être fière de les porter», croit-elle.

Histoire de dessous
Depuis l’absence de sous-vêtements jusqu’aux soutiens-gorges, les dessous ont connu au fil des époques bien des modifications influencées par les pensées et les modes.

Antiquité : les femmes sont nues sous les tissus.

Époque romaine : les seins des femmes sont bandés dans le but de les faire ressembler à des hommes.

Du 17e siècle au 20e siècle : le corset sert à sculpter le corps. Avec les années, il devient si étroit et contraignant qu’il déforme la colonne vertébrale et provoque des avortements.

1876 : invention des jarretelles.

Début du 20e siècle : on invente le soutien-gorge en coupant un corset en deux. Il n’obtient pas de succès, même si le mot entre dans le dictionnaire en 1904. 

1914-1918 : pendant la Première Guerre mon­diale, le corset est progressivement abandonné à cause du travail des femmes qui doivent désormais être à l’aise dans leurs mouvements.

1920-1970 : la gaine, de plus en plus confortable, remplace le corset.

1935 : on coupe parfois la gaine en deux. Cela donne deux vêtements rappelant le soutien-gorge et la culotte. La société Warner introduit les bonnets A, B, C et D.

1945 : les culottes sont peu à peu adoptées par les femmes. Elles étaient jusque-là réservées exclusivement aux hommes.

1960-1990 : les «push-up», sans couture ou de type «seconde peau», font leur entrée sur le marché. Désor­mais, le confort prime.

1991 :
Playtex lance la première culotte de maintien.

1970-2010 : le monde du sous-vêtement connait une évolution technique dans les matières, les bretelles interchangeables ou le type de coutures. La couleur et la dentelle se développent. 

Classiques
Les classiques à avoir dans son tiroir, d’après Raymonde Tranchemontagne:

  • Des soutiens-gorges de tous les jours
  • 1 soutien-gorge pour les sorties chics
  • 1 soutien-gorge sans bretelle
  • 1 soutien-gorge de sport

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