TORONTO – Dans un corridor sous les gradins du vétuste Estadio Olimpico Metropolitano, Stephen Hart, assommé, refusait de formuler des excuses après avoir été témoin d’une humiliante défaite de 8-1 du Canada contre le Honduras.

Son équipe était bien préparée. La chaleur n’était pas un facteur. Ses joueurs sont tous des professionnels.

Lorsqu’on lui a rappelé qu’il n’était pas sur le terrain pour stopper cette débâcle, Hart a pris quelques secondes et a répliqué «mais c’est ma responsabilité».

Hart a maintenu sa position deux jours plus tard en remettant sa démission à titre d’entraîneur-chef de l’équipe nationale de soccer.

«C’est un excellent homme de football. C’est un très bon homme, point», a dit Victor Montagliani, le président de l’Association canadienne de soccer (ACS), lors d’une conférence téléphonique organisée jeudi à cet effet.

«C’est un sport merveilleux, mais il peut parfois être cruel», a-t-il ajouté. «Et je crois que nous sommes tous conscients de ce qui s’est passé.»

La fiche de 20-15-10 de Hart à titre d’entraîneur-chef au cours de ses nombreux passages entre 2006 et 2012 lui a permis de se hisser en première place pour le taux de victoires et au deuxième rang parmi les entraîneurs qui ont obtenu le plus de gains dans l’histoire canadienne.

Cette démission n’a pas été accueillie favorablement par la majorité des joueurs de Hart, un entraîneur détendu qui était aimé et respecté par eux.

«Le désastre au Honduras n’avait rien à faire avec les stratégies ou la direction du club», a mentionné le vétéran Ante Jazic, qui a raté la rencontre de mardi en raison d’une maladie. «Nous étions tous préparés pour cela.

«Au bout du compte avec ce résultat, ces statistiques, des têtes allaient tomber. Mais nous, les joueurs, devons prendre l’entière responsabilité pour cette performance. Nous étions tous bien préparés, nous savions ce qu’ils allaient essayer de faire.

«Donc, tout pointe vers nous. Malheureusement, Stephen est un homme fier et il a senti le besoin de démissionner.»

Le Canada n’avait besoin que d’une nulle, mardi, pour atteindre le dernier tour des qualifications pour la Coupe du monde dans la zone CONCACAF.

L’équipe de Hart s’est plutôt fait malmener 8-1 à l’occasion de la pire dégelée subie par une équipe masculine canadienne depuis un revers de 8-0 subi au Mexique en 1993.

Le Canada ne s’est pas qualifié pour la ronde finale des qualifications de la zone CONCACAF depuis 1997, alors qu’il avait compilé un dossier de 1-6-3 et avait terminé dernier.

«Ce n’est pas un conte de fées», a déclaré Montagliani à propos de l’élimination brutale du Canada. «C’est un coup dur, mais nous devons faire avec. Et c’est une opportunité pour nous de se relever.»

Hart avait déclaré après la rencontre de mardi qu’il croyait avoir fait de son mieux. Il a toutefois dit être conscient que les partisans de l’équipe candienne ne lui pardonneraient jamais cette débandade.

L’homme de 52 ans a gravi les échelons de l’ACS pendant plusieurs années, occupant plusieurs fois le poste d’entraîneur par intérim de la sélection masculine avant d’obtenir le poste à temps plein en décembre 2009.

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