OTTAWA – Le Bureau de la concurrence a annoncé mercredi qu’il ne s’opposerait pas à la prise de contrôle de Maple Leaf Sports & Entertainment (MLSE) par BCE et Rogers Communications, au coût de 1,07 milliard $, malgré les préoccupations de certaines parties quant à la concurrence au sein de l’industrie.

L’organisme fédéral a indiqué avoir envoyé une lettre de «non-intervention» aux deux géants des télécommunications afin de leur faire savoir qu’il n’avait pas l’intention de demander un examen de la transaction en vertu de la Loi sur la concurrence.

Le bureau a cependant dit avoir entendu plusieurs préoccupations sérieuses au sujet de l’effet qu’auraient une concentration et une intégration verticale graduellement accrues de l’industrie de la radiodiffusion sur les consommateurs ainsi que sur les entreprises du secteur.

Il a ajouté que la commissaire Melanie Aitken s’employait activement à étudier ces préoccupations et qu’elle n’hésiterait pas à prendre des mesures si elle déterminait qu’il y a eu infraction à la loi.

Des détracteurs de l’entente, qui doit être finalisée cet été, ont soulevé des questions sur les effets du contrôle de tant de contenus entre les mains de certaines des entreprises les plus importantes au pays, craignant que les consommateurs doivent ultimement payer plus.

La loi prévoit un délai d’un an à compter du parachèvement de la transaction proposée durant lequel la commissaire est habilitée à présenter une demande au Tribunal de la concurrence en vue de contester la transaction.

En décembre, BCE (TSX:BCE) et Rogers Communications (TSX:RCI.B) ont fait équipe afin de présenter leur offre de 1,07 milliard $ pour une participation majoritaire dans la plus importante entreprise de concessions sportives au pays — propriétaire des Maple Leafs de Toronto, des Raptors de la NBA (National Basketball Association), et du club de soccer Toronto FC.

«L’annonce du Bureau de la concurrence signifie que nous franchissons un pas de plus dans le processus de conclusion de l’entente», a commenté la porte-parole de Rogers Patricia Trott.

L’entente est aussi sujette à l’approbation par le Conseil canadien de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et plusieurs ligues de sports professionnelles.

Rogers et Bell veulent diffuser du contenu sportif sur toutes sortes de plateformes pour les utilisateurs de téléphones intelligents, tablettes, téléviseurs ou ordinateurs portables. L’aventure doit aussi permettre aux deux sociétés de générer davantage de revenus publicitaires.

Mais les deux entreprises ont précisé qu’elles se feraient concurrence sur la manière avec laquelle elles distribueront le contenu.

«L’acquisition garantit l’accès à long terme aux droits de diffusion à la télévision et à la télé mobile, ainsi qu’aux droits numériques, en ligne et à la radio, tant pour Bell que pour Rogers, des équipes de sports de MLSE», a fait valoir Bell par communiqué.

«L’investissement de Bell dans MLSE fait partie de sa stratégie d’offrir le meilleur contenu au pays par l’intermédiaire de réseaux large bande de classe mondiale sur n’importe quel écran choisi par les clients.»

Rogers détient déjà l’équipe de baseball des Blue Jays de Toronto et leur stade, le Rogers Centre, de même que le télédiffuseur Sportsnet.

Bell est propriétaire du réseau de télévision CTV et des chaînes spécialisées telles que RDS et TSN. Bell détient une participation minoritaire dans les Canadiens de Montréal.

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