La ministre de la Famille, Catherine Blouin, a annoncé mercredi son intention de revoir les règles de priorisation des places dans les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies subventionnées pour prioriser les familles «établies». Les familles de réfugiés, par exemple, verront leur accès restreint et devront se contenter des places restantes.
Dans la foulée d’un arrêt rendu par la Cour suprême en mars 2026, le gouvernement québécois a dû ouvrir l’accès aux garderies subventionnées aux réfugiés. Jusqu’alors, ils en étaient exclus. Cet accès sera maintenant restreint, le gouvernement souhaitant «mieux répondre aux besoins des familles qui vivent et travaillent au Québec de façon permanente», indique le gouvernement dans un communiqué.
Selon la nouvelle orientation, les places subventionnées seront accordées en priorité aux citoyens canadiens et aux résidents permanents.
Viennent ensuite, en deuxième rang de priorité, les personnes qui séjournent au Québec principalement pour y travailler et qui sont titulaires d’un permis de travail fermé.
En dernier lieu, les demandeurs d’asile, les travailleurs étrangers temporaires détenant un permis de travail ouvert ainsi que les étudiants étrangers pourront accéder uniquement aux places résiduelles.
«Nous agissons de manière responsable et ordonnée afin de répondre d’abord aux besoins des familles établies ici. Notre proposition permet à tous les parents qui habitent de manière habituelle au Québec d’avoir accès à une place à contribution réduite et de conserver la priorité d’accès aux places à 9,65$ par jour en installation, pour les parents qui y étaient déjà admissibles. C’est une belle avancée pour les familles», affirme la ministre.
Le gouvernement prévoit publier un projet de règlement dans les prochaines semaines afin de confirmer officiellement cette nouvelle orientation.
Une mesure dénoncée
Québec solidaire (QS) a vivement réagi à l’annonce du gouvernement. Les porte-paroles solidaires Andrés Fontecilla, responsable en matière d’immigration, et Alexandre Leduc, responsable en matière de famille, qualifient la mesure d’électoraliste.
«On pensait que Christine Fréchette ne ferait pas de la petite politique sur le dos des enfants et des demandeurs d’asile, mais avec cette annonce on voit bien que la CAQ persiste et signe», affirme M. Fontecilla. Selon lui, ce nouveau système de loterie instaure une hiérarchie entre les familles et cherche à faire porter la responsabilité du manque de places aux demandeurs d’asile. Il rappelle qu’il y a actuellement 30 000 familles en attente d’une place en garderie subventionnée au Québec.
«La CAQ devrait avoir honte de faire de la politique sur le dos des demandeurs d’asile. Bloquer l’accès à une garderie à des tout-petits, c’est vraiment ça le Québec qu’on veut bâtir?», ajoute Alexandre Leduc.
En date du 30 avril 2026, 30 688 enfants étaient en attente d’une place dans un CPE ou une garderie privée subventionnée au Québec. Selon le gouvernement, le Québec compte au total environ 5160 enfants de demandeurs d’asile de 5 ans ou moins (qu’ils soient inscrits ou non dans un service de garde).
Environ 37 000 nouvelles places subventionnées ont été créées depuis 2021 et près de 10 600 autres sont en cours de réalisation.
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