La Fiducie agricole UPA-Fondaction et Conservation de la nature Québec ont acquis conjointement le Site Île-Bizard, une terre agricole de 34 hectares située dans l’arrondissement L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève de la Ville de Montréal. Ce projet, une première au Québec, vise à la fois à favoriser la relève en agriculture à assurer la conservation des milieux naturels.
Selon les deux partenaires, il s’agit de la toute première acquisition conjointe d’une terre agricole par un organisme dédié à l’agriculture et un autre voué à la protection des milieux naturels. Cette approche permet de maintenir deux vocations complémentaires sur une même terre, sans en compromettre l’intégrité.
L’Île-Bizard jouit d’ailleurs d’un statut particulier qui favorise ce genre de collaboration. En 2021, le gouvernement du Québec a octroyé la désignation de «paysage humanisé» à la partie ouest de l’île, où se trouve le site en question. Cette désignation empêche la spéculation sur des terres agricoles et protège à la fois la vocation agricole et les milieux naturels.
Relève agricole dès 2027
Dans cette veine, l’achat par la Fiducie agricole UPA-Fondaction permet de faciliter l’accès au Site Île-Bizard à des relèves agricoles qui n’auraient autrement pas les moyens de se l’offrir.
La terre acquise n’est pas actuellement cultivée. Mais la Fiducie agricole UPA a déjà ciblé trois locataires qui pourront entamer leurs opérations dès 2027.
Les futurs agriculteurs locataires sont:
- Hamidou Maïga, originaire du Niger – Il y implantera des cultures de légumes et herbes africains pour alimenter les multiples diasporas présentes à Montréal et ses environs.
- Jean-Simon Théorêt – Issu d’une la famille agricole de longue date dans ce secteur, il poursuivra la culture de maïs sucré et de melons d’eau.
- Pascal Boucher, Rodrigo Aramba Garcia et Mathis Hissoud – Ils y produiront des légumes racines pour approvisionner les cuisines communautaires à Montréal.
Des milieux naturels précieux à protéger
La participation de Conservation de la nature Québec au projet permettra de documenter, de suivre et de restaurer les milieux naturels présents sur la propriété. L’objectif est d’en assurer la conservation et la mise en valeur, tout en maintenant les services écologiques qu’ils procurent.
Les milieux boisés, humides et ouverts du site offrent un habitat à plusieurs espèces animales, dont des oiseaux champêtres et des pollinisateurs tels que le papillon monarque.
«Cette initiative démontre qu’il est possible de protéger des milieux naturels d’une grande valeur écologique tout en assurant le maintien de la vocation agricole du territoire», affirme Carine Deland, directrice générale de Conservation de la nature Québec.
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