La Fraternité des policiers et policères de Montréal contestera les congédiements visant sept de ses membres, annoncés lundi par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le syndicat soulève des questions sur le motif et les méthodes ayant menés aux congédiements.
Vendredi, soit trois jours avant l’annonce des congédiements, le chef de police Fady Dagher se présentait devant les médias pour faire une mise au point sur les plus récentes allégations concernant certains policiers. Au cours de la conférence de presse, il a dit vouloir «venger» les citoyens lésés.
«Le concept de vengeance des citoyens a été invoqué. Il s’agissait d’une référence manifestement inacceptable», écrit le syndicat dans une note envoyée à ses membres lundi. «La notion de vengeance est rejetée par le droit pénal canadien et le système de justice en général. Elle n’a aucune pertinence juridique et n’aurait pas dû être invoquée.»
La Fraternité dénonce aussi la méthode utilisée pour les congédiements. Dans le cadre des enquêtes administratives, le SPVM a retiré l’accréditation de sécurité des sept policiers visés. Un tel retrait mène à un congédiement automatique.
«Le congédiement administratif de sept policiers du SPVM soulève des questions fondamentales de droit. Il s’agit d’une méthode totalement inconnue de notre historique de relations de travail, qui n’a jamais été employée et qui n’apparait nulle part. Cette méthode nous apparaît manifestement non conforme et pourrait vous être préjudiciable dans le futur», écrit le syndicat dans une nouvelle note envoyée mardi.
Pas au bout de leurs peines
Lundi, le chef de police a été questionné sur la possibilité de devoir réintégrer les policiers congédiés. Il assure vouloir se battre pour maintenir sa décision.
Même si le SPVM perd sa cause et réintègre les employés, ceux-ci ne seront pas au bout de leurs peines. Diverses sanctions disciplinaires pourront alors être imposées en lieu et place du congédiement.
Lundi, la mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada a salué les congédiements et réitéré sa confiance à l’égard du chef de police.
