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Un huard fort ne nous profite pas

Le dollar canadien vaut plus cher que son vis-à-vis américain depuis bientôt cinq mois. Mieux, il n’est pas descendu sous les 95 cents américains depuis l’automne 2009.

On pourrait légitimement s’attendre à ce que les consommateurs canadiens en profitent en ne payant pas plus que ce que paient les Américains pour les mêmes produits? Non. Bizarrement, depuis deux ans, c’est plutôt le contraire qui est arrivé.

Une analyse de la BMO montre que, pour le même panier de produits, l’écart est passé de 7 %, en 2009, à 20 % aujourd’hui! Un iPod Touch de Apple – qui a la désagréable habitude de facturer plus cher ses appareils ici – nous coûte 24 % de plus qu’aux États-Unis; un bermuda Gap, 15 %; le DVD Blu-ray du film The King’s Speech, 28 %; les balles de golf Titleist ProV1, 11 %; etc.

Bref, on se fait avoir.

Évidemment, la concurrence est plus féroce aux États-Unis, où on n’hésite pas à réduire les marges au minimum. Le marché est plus important, d’accord. Mais il n’en coûte pas plus cher d’expédier à Montréal ou à Boston des produits Apple fabriqués en Chine… et le prix du timbre ne varie pas beaucoup pour un magazine National Geographic envoyé à Québec ou à Philadelphie. Disons quelques cents, ce qui ne justifie pas la différence actuelle de 21 % (19 $ contre 15 $).

Et, je le rappelle, le huard canadien vole plus haut que l’aigle américain depuis plusieurs mois! Le vieil argument, usé, selon lequel ces mouvements sont erratiques et temporaires ne tient pas. La grande majorité des économistes s’entendent pour dire que la situation va se prolonger au moins durant toute l’année 2011. Et les plus récents chiffres sur l’inflation, qui montrent une nette progression de l’indice des prix à la consommation en mars, risquent de renforcer davantage le dollar canadien puisque la Banque du Canada n’aura bientôt pas d’autre choix que de hausser sont taux directeur… ce qui stimulera encore le huard.

Que faire? L’économiste Douglas Porter, de la BMO, souligne que les prix vont demeurer élevés tant et aussi longtemps que les consommateurs vont accepter docilement de payer. Sauf qu’on ne peut pas toujours tourner le dos aux détaillants. Mais en répondant aux offres des magazines, par exemple, on peut toujours ajouter une note comme quoi l’abonnement va demeurer en suspens tant que… Ce serait déjà une première riposte.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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