Gaétan Ruest, expert en planification financière stratégique de portefeuille pour le Groupe Investors, prévient : «Évidemment, on ne peut pas prévoir l’évolution de l’inflation, mais on peut anticiper plusieurs scénarios.» Une poussée inflationniste est envisageable pour 2011. Ainsi, les personnes proches de la retraite, qui investissent généralement dans des valeurs «sûres» (comme les placements à revenu fixe) plutôt que dans des portefeuilles d’actions beaucoup plus risqués, pourraient voir leurs rendements fondre en 2011.
«Tous les placements à revenu fixe seraient touchés par une augmentation de l’inflation, mais l’impact serait différent selon la durée du placement», nuance cependant Gaétan Ruest. Dans la perspective d’une hausse de l’inflation, les placements à durée longue, comme les obligations sur 10 ans, seraient plus affectés que les placements plus courts, moins risqués mais aussi moins payants. Toutefois, à l’inverse, si le scénario d’une poussée inflationniste ne se confirmait pas, les placements de longue durée finiraient par être les plus rentables.
En raison des fluctuations possibles, Gaétan Ruest conseille de couper la poire en deux et d’opter pour des durées moyennes. Selon lui, «l’idée est surtout de ne pas choisir une sorte d’investissement, mais de diversifier ses types de placements». Ce conseil, valable pour tous les investisseurs, doit pourtant être adapté en fonction de l’âge. «Les jeunes investisseurs ont plusieurs années devant eux et peuvent donc se montrer plus téméraires, estime le conseiller. Leur portefeuille peut contenir plus d’actions.»
Les gens proches de la retraite, par contre, seraient mal avisés de liquider complètement leur portefeuille d’actions. En effet, celui-ci est susceptible de contrebalancer la baisse de rendement de leurs placements à revenu fixe. «Si on cherche un revenu de retraite, on peut partager son portefeuille entre 40 % de placements à revenu fixe et 60 % d’actions acquises, dans des fonds d’actions canadiens et dans des investissements à l’international.»
Dans tous les cas, pour minimiser les risques, le maître mot reste la diversification du portefeuille. «Ceux qui continuent à ne compter que sur les placements à revenu fixe devront modifier leur plan de retraite ou prévoir un revenu plus faible à terme», prévient Gaétan Ruest.