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Épargne: hommes et femmes, des approches complémentaires

Jean-Rémy Deschênes est catégorique : en matière de planification financière, les hommes et les femmes ont des visions très différentes. Ce responsable affaires en gestion du patrimoine pour le Mouvement Desjardins a constaté ces différences chez ses clients. «Leurs approches sont complémentaires. Pour les hommes, la planification financière permet de poursuivre un objectif précis, comme celui de vivre une retraite confortable. Pour les femmes, c’est un tout qui regroupe une foule de choses, dont le budget, les investissements, les assurances… En matière de protection, elles auront le souci de mettre leurs proches à l’abri, grâce à des assurances vie ou à des assurances invalidité par exemple, avant même de penser à elles.»

Cela ne signifie évidemment pas que les hommes n’y songent pas, mais ce comportement serait plus spontané pour les femmes. La méthode d’investissement féminine diffère également de celle des hommes, et elle est payante. Selon Jean-Rémy Deschênes, une étude américaine a démontré que les femmes allaient chercher à terme un rendement annuel de 1 à 1,5 % supérieur à celui des hommes, grâce à leur patience et à des investissements à long terme. «Les hommes ont tendance à faire plus d’opérations, à jouer dans leur portefeuille, constate le conseiller, mais cela occasionne des frais et fait baisser leur rendement.»

Un exemple : les planificateurs estiment que pour maximiser les bénéfices, la durée idéale d’un investissement à long terme est de cinq ans. Les femmes les gardent en moyenne trois ans dans leur portefeuille, contre moins d’un an pour les hommes. Quand il s’agit de recevoir un client, l’attitude du conseiller doit aussi être adaptée en fonction du sexe de l’investisseur, estime M. Deschênes. «Les hommes sont plus sensibles aux concepts, comme l’optimisation de placement, l’horizon de placement… Les femmes, elles, vont plutôt se baser sur la logique, avec des démonstrations visuelles, des graphiques.» Depuis quelques années, il note par ailleurs le souci partagé de mieux comprendre le domaine de la finance, de savoir en quoi la situation économique influe sur le portefeuille et quelles attitudes adopter.

Finalement – et le conseil vaut sans doute pour les planificateurs comme pour les investisseurs – lorsqu’il s’agit de prendre des décisions en matière financière, mieux vaut s’y prendre à deux: les approches complémentaires des hommes et des femmes ne peuvent qu’être bénéfiques pour leurs placements.

En accord

Il y a un point sur lequel les hommes et les femmes s’accordent: l’importance et la nature des compromis finan­ciers à effectuer pour être capables de remplir leurs bas de laine. «Ils sont d’accord pour re­por­ter un achat important, prendre des vacances moins coûteuses ou réduire l’utilisation de la voiture, énumère M. Deschênes. Il faut savoir que le fait de supprimer sa deuxième auto permet un gain net de 10 000 $ par année!»  

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