Pour faire face aux compressions de 80 M$ annoncées lors du dernier budget provincial – qui s’ajoutent aux 80 M$ et aux 40 M$ des deux budgets précédents – le réseau de la santé doit revoir ses façons de faire pour assurer une meilleure utilisation des ressources à la population de Montréal.
C’est pour cette raison que l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (ASSSM) souhaite que sa stratégie d’optimisation des services accélère le pas dans tous les établissements de santé.
La directrice associée aux ressources humaines de l’ASSSM, Jeanne-Évelyne Turgeon, assure que la qualité, l’efficience et l’accessibilité des services sont toutes respectées par cette stratégie.
L’inflation, l’accroissement et le vieillissement de la population, ainsi que les avancées technologiques et scientifiques rendent nécessaires les coupures, même si la santé reste toujours le poste budgétaire le plus important pour le gouvernement du Québec, souligne François Lemoyne, le directeur des finances de l’ASSSM.
Une vingtaine de projets d’optimisation ont déjà été établis par Québec dans plusieurs secteurs de la santé à travers la province, dont le soutien à domicile et de l’utilisation de la main d’œuvre, qui portent fruit, selon l’ASSSM.
Une réorganisation du travail et des itinéraires des infirmières, qui œuvrent dans le soutien à domicile (SAD), a notamment permis d’augmenter de 2,3 % le nombre d’heures de service en 2011-2012. «Et la qualité des services est toujours optimale, affirme Mme Turgeon, puisque la totalité des gains est injectée dans le retour aux services.»
Réduire considérablement le temps supplémentaire et le recours à la main-d’œuvre indépendante chez les infirmières, les infirmières auxiliaires et les préposés aux bénéficiaires font également partie des objectifs d’ici 2015 pour diminuer la croissance des dépenses. «À Montréal, l’objectif est de réduire de 40 % le recours à la main-d’œuvre indépendante, pour éventuellement arriver à l’éliminer, précise Mme Turgeon. Nous sommes très bien positionnés pour atteindre cet objectif bientôt.»
François Lemoyne reconnaît que certains établissements devront complètement revoir leurs pratiques et redoubler d’efforts pour arriver à mettre en place les différentes stratégies d’optimisation, mais c’est un mal nécessaire, croit-il, pour pallier les compressions. «C’est colossal! s’exclame-t-il. Mais ce n’est pas insurmontable. Voilà pourquoi nous sommes là pour proposer des solutions. De toute façon, on est condamnés à réussir, puisque le financement n’est pas au rendez-vous.»
