Favoriser l’éveil à la créativité chez les enfants. Tel était le but d’Hélène Béchard lorsqu’elle créa le 24 mai 2002 L’île aux Dix Roues, son entreprise, grâce à une subvention obtenue du ministère de la Culture et des Communications.
Le personnage de Dirou, un hybride entre un dinosaure et un kangourou, né dans son esprit près de 10 ans auparavant, a ainsi pu prendre forme et se développer au travers de livres, de jeux multimédias ou d’activités d’animation pour les enfants de 3 à 10 ans. Jusqu’à ce qu’Hélène Bouchard obtienne en 2005 le prix d’excellence à la Fête des enfants de Montréal. Une véritable consécration pour cette autodidacte qui prône avant tout l’importance de l’intuition et de la création.
Montréalaise de naissance, Hélène Béchard a eu une révélation pendant son bac en communication à l’UQAM. «Durant ma première année d’université, j’ai vraiment eu la piqûre de l’image, confie-t-elle. On a eu un projet à faire dans le cadre d’un cours, et j’ai su que je voulais faire quelque chose en art visuel.»
C’est pour cette raison qu’elle s’inscrit au certificat en scénarisation cinématographique. Suivant les conseils d’un professeur, elle s’implique dans toutes sortes de projets, d’abord universitaires, puis professionnels, comme un reportage sur l’intégration des Africains à Montréal ou un documentaire sur des fouilles archéologiques dans le Sud de la France.
«Depuis 18 ans, j’ai acquis une expertise en développement de projets, explique-t-elle. J’ai monté toutes sortes de projets à mon compte, financés par le gouvernement.»
Mais pendant toutes ces années, Hélène Béchard garde en tête l’idée du personnage de Dirou, qui a germé dans son esprit en 1995. Autour de lui, elle a créé tout un univers composé d’animaux, de fruits et de légumes, de combinaisons hybrides, le tout regroupé sur une île, l’île aux Dix Roues.
Mais, pas assez sûre d’elle pour entamer ce projet toute seule, elle décide de le laisser de côté. «Au départ je n’avais pas nécessairement la confiance requise pour foncer dans ce projet. Puis, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a encouragée dans cette voie, et m’a conseillé de ne pas forcément attendre le partenaire idéal.»
En 2000, Mme Béchard travaille donc pendant six mois à l’écriture. Tout de suite, elle pense au multimédia comme support, une industrie en plein essor. Elle apprend l’existence du programme Québec multimédia jeunesse. La subvention de 20 000 $ qu’elle obtient du programme va lui permettre de développer le premier prototype sur CD-ROM, mais également de démarrer sa compagnie.
Partager son cheminement
À la fin de 2004 paraît le premier titre de la série et pendant quatre ans, elle parcourt les salons et les congrès scolaires. Avec L’île aux Dix Roues, Hélène Béchard souhaite faire partager son cheminement vers la créativité. «J’étais une fille avec beaucoup d’imagination, mais j’étais incapable de la canaliser pour me démarquer et faire des choses originales, confie-t-elle. Le fait d’être avec des gens de diverses communautés culturelles et de toucher à diverses formes d’expression artistique m’a fait avancer. Tous mes livres sont basés sur ces échanges culturels et non sur la performance.»
Aujourd’hui, l’auteure a pris un peu de recul vis-à-vis de son entreprise. Depuis 2008, elle ne fait plus les salons, mais travaille à l’adaptation des livres en anglais. Mais la jeune femme ne compte pas s’arrêter là et voit déjà beaucoup plus loin. Sa récente inscription en Certificat en droit des affaires en témoigne : «J’ai envie de me perfectionner un petit peu de ce côté-là, pour découvrir une autre facette du métier. Et il me semble que j’ai besoin de cela pour pouvoir intégrer de nouveaux réseaux.»