Une nouvelle étude d’impact économique de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), produite en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), met en lumière les coûts considérables liés à l’automobile dans le Grand Montréal. Elle conclut que le transport collectif représente un bien meilleur investissement que l’auto et les infrastructures routières, tant pour les familles que pour les gouvernements.
Selon l’étude publiée mardi, intitulée Le transport collectif, un projet économique de société, le transport collectif est un levier stratégique pour améliorer la productivité des fonds publics, la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages. L’automobile, à l’inverse, appauvrit leurs propriétaires.
L’auto plus chère que l’épicerie
Selon l’étude, l’automobile et les infrastructures routières offrent un rendement limité pour la collectivité, générant davantage de coûts que de bénéfices. Sans oublier le fait que les voitures elles-mêmes coûtent de plus en plus cher.
En 2024, un peu plus de 2 millions de véhicules de promenade étaient en circulation dans la région métropolitaine de Montréal. Cette motorisation entraîne chaque année 24 milliards de dollars de dépenses pour les ménages du Grand Montréal. Les véhicules privés occupent d’ailleurs une part importante du budget des foyers motorisés: le transport constitue habituellement le deuxième poste de dépenses le plus important, derrière le logement, mais devant l’épicerie.
Le transport collectif moins cher et plus avantageux
Face à ce constat, l’étude de la CMM et de la CCMM plaide pour une évolution des modèles de développement et de financement en faveur du transport collectif. Selon les auteurs, ce virage est essentiel pour bâtir une économie plus compétitive, attractive, solidaire et résiliente.
Le transport collectif est présenté non pas comme une simple dépense publique, mais comme un secteur économique stratégique à part entière. En réduisant la dépendance à l’automobile, il permettrait aux ménages de libérer une portion significative de leur budget, tout en améliorant la compétitivité des entreprises grâce à une main-d’œuvre plus mobile et des infrastructures mieux utilisées.
«L’étude de la CMM démontre de façon éloquente les nombreux bénéfices économiques et sociaux du transport collectif. Nous devons maximiser ces retombées grâce à un réinvestissement structurant et pérenne dans le réseau, mais aussi une planification qui place la mobilité durable au cœur des aménagements», affirme Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal et présidente de la CMM.
«Cette étude démontre qu’investir dans nos réseaux génère davantage de richesse et d’emplois ici, tout en réduisant les coûts liés à la congestion et à la dépendance à l’automobile. Pour nos entreprises, cela signifie un meilleur accès à la main-d’œuvre et une économie plus productive ; pour les ménages, davantage de pouvoir d’achat», ajoute Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
L’étude tombe alors que l’Autorité régionale de transport métropolitain s’apprête à lancer l’enquête Perspective mobilité 2026, anciennement connue comme l’Enquête origine-destination. La nouvelle mouture de l’enquête offrira un aperçu de la mobilité chaque année, alors que l’Enquête origine-destination était effectuée une fois aux cinq ans.
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