Redevenu simple citoyen (ou presque) après avoir passé sept ans à la tête de l’état de la Californie, Arnold Schwarzenegger était de passage à Montréal, jeudi. Il a offert à une salle de quelque 550 convives vendus d’avance – il fallait tout de même débourser de 350 $ à 1 500 $ par personne pour assister à la venue du «governator» – une conférence digne d’un motivateur.
Très à l’aise devant une foule, M. Schwarzenegger y est allé de quelques blagues pour expliquer son parcours et ce qui l’a amené à prononcer des discours aux quatre coins de l’Amérique. Uniquement cette semaine, l’ex-gouverneur a fait des arrêts à Calgary, Winnipeg, Toronto et Montréal, où il a prononcé sensiblement le même discours. «Je sais que vous avez reçus d’autres grands leaders avant moi, mais combien d’entre eux peuvent dire qu’ils ont dansé avec Dany DeVito ou se sont montrés nus dans Terminator 3», a-t-il rigolé.
Invité par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain à prononcer une allocution sur l’innovation, les technologies vertes et l’économie mondiale, Arnold Schwarzenegger s’est plus souvent qu’autrement concentré sur les secrets de son succès. «On me demande souvent quel est le secret de mon succès, a-t-il lancé. La version courte va comme suit : immigrer aux États-Unis, travailler comme un fou et marier une Kennedy [sa femme, Maria Shriver, est l’une des nièces de l’ancien président John F. Kennedy].»
Sa rencontre avec Mme Shriver aurait d’ailleurs eu un impact certain sur son passage dans le monde politique. Arnold Schwarzenegger a expliqué avoir été initié à la volonté de servir son prochain par la famille de son épouse. «À chaque occasion que je me présentais chez Maria, sa famille parlait de servir le public et de tendre la main aux autres. Ils ne parlaient jamais d’habits ou de voitures, deux choses qui m’intéressaient, a-t-il expliqué. Le père de Maria m’a appris à ouvrir mon cÅ“ur et à aider les autres.»
Le passage d’Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de la Californie a été marqué par son engagement envers la cause environnementale. En 2004, l’état du «governator» est devenu le premier aux États-Unis à adopter des règles de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour les voitures. «Les gens disaient que ce n’était pas possible de faire avancer les choses, j’ai voulu leur prouver qu’ils avaient tort, a rappelé M. Schwarzenegger. Et ce n’est pas le gouvernement fédéral qui nous a aidé. Au contraire, l’administration Bush nous a poursuivi en disant qu’on ne pouvait pas prendre une telle décision seul. J’ai répondu «bien sûr qu’on peut» et on les a poursuivi à notre tour… et on a gagné.»
Convaincu que le travail acharné peut mener à tous les succès, Arnold Schwarzenegger a invité les gens à «avoir une vision, avoir un but, travailler fort et ne jamais accepter de se faire dire non». Oprah n’aurait pas dit mieux!