Montréal

«Les gens souffrent» des fusions dans le réseau de la santé

La fusion des Centres de santé et de services sociaux (CSSS), des Centres hospitaliers (CH) et des Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), en 2004, a bouleversé l’organisation du travail de leurs employés.

Réunis en colloque à Montréal, aujourd’hui, des travailleurs du réseau de la santé, du milieu communautaire ainsi que des universitaires ont tenté de faire la lumière sur l’impact des dernières réformes en santé et services sociaux au Québec. Métro s’est entretenu avec Guy Jolicoeur, président de la section locale 5425 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), pour faire le point.

Quels impacts ont eu les fusions des CSSS, des CH et des CHSLD?
On s’est aperçu qu’il y a véritablement eu des changements dans l’organisation du travail et des retombées très négatives sur nos intervenants sociaux. On voit beaucoup plus de maladies d’ordre psychologique, comme des burn-outs. Nos gens souffrent de cette gestion un peu aberrante que le réseau de la santé nous impose.

Qu’est-ce qui a changé avec les fusions?
Elles ont instauré l’idée d’imputabilité. Chaque CSSS a désormais des cibles à rencontrer. On a imposé une gestion du privé au réseau de la santé. Auparavant, chaque intervenant était responsable de sa charge de cas et pouvait la gérer comme il voulait. Ce n’est plus le cas. Tout le monde a aujourd’hui des cibles à atteindre et doit composer avec des listes d’attente beaucoup plus importantes qu’elles ne l’étaient, puisqu’il n’y a pas plus d’intervenants qu’avant.

Le financement des CSSS a-t-il souffert de la nouvelle gestion?
On doit faire plus avec moins d’argent. Le gouvernement gère en fonction de cibles à atteindre et d’un financement en bout de ligne. On voit aujourd’hui que les cibles sont plus importantes que la qualité du travail. On nous compare avec d’autres CSSS et on nous dit qu’il faut faire aussi bien que les autres. Mais c’est aberrant puisqu’il n’y a pas d’autres populations qui ressemblent à Montréal. On ne peut pas comparer des incomparables.

Que proposez-vous pour améliorer la situation?
Nous proposons de former un regroupement d’intervenants sociaux, baptisé RÉCIFS, pour que chacun des intervenants se libère du poids de l’isolement que suppose son travail. Le regroupement aurait pour mission de défendre la qualité des interventions sociales. Les intervenants sociaux nous ont donné le feu vert. Ils veulent avoir quelque chose qui existe en dehors de l’Ordre des travailleurs sociaux ou des autres ordres professionnels, qui ont pour mission de défendre le public et non leurs membres.

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