Montréal

Une famille montréalaise menacée d'expulsion

L’expulsion de leur famille à cause de l’handicap de l’une de leurs filles est une honte pour le Canada, selon David et Sophie Barlagne. Furieux et tristes de devoir quitter le pays qu’ils disent avoir appris à aimer, ils profitent de la présente campagne électorale pour envoyer un message au ministre de l’Immigration, Jason Kenney.

L’histoire a commencé en 2004. David Barlagne est venu au Canada avec sa famille pour un projet professionnel. «On m’avait dit que je pouvais faire ma demande de résident permanent si j’avais le goût de rester au Canada et c’est ce qui s’est produit, a-t-il raconté jeudi. Nous avons fait toutes les démarches nécessaires en 2007, dont le test de santé obligatoire. En septembre 2008, nous avons été stupéfaits d’apprendre que nous avons été refusés, car ma fille est considérée comme un « fardeau excessif » pour la société. Pourtant, Rachel n’est pas malade et ne requiert aucun soin autre que des services d’éducation spécialisée qui coûte environ 5000 $ par année, ce qui n’est pas excessif.»  

La mère de Rachel n’a pas mâché ses mots. Pour Sophie Barlagne, le jugement de la Cour fédérale est discriminatoire, inhumain et sans fondement. «Ma fille n’est pas une charge pénible à supporter, a-t-elle déclaré. Nous ne voulons pas quitter le Canada. Rachel a huit ans, elle a appris à lire ici et n’a pas de souvenirs de la France. Mon autre fille, Lara, 12 ans, a passé la moitié de sa vie ici et considère le Canada comme son pays. C’est en tant que maman que je mène ce combat.»

Le député de la famille Barlagne, le néo-démocrate Thomas Mulcair, a reçu des mains de Lara une copie symbolique du document demandant au ministre d’intervenir. Il a promis de le remettre à M. Kenney le plus rapidement possible. «Il s’agit d’une affaire qui implique des êtres humains et je demande simplement au ministre d’être un peu humain», a-t-il affirmé.

Par ailleurs, le comédien Dave Richer, aussi atteint de paralysie cérébrale, s’est exprimé en faveur du maintien de la famille Barlagne au Canada. «J’aime le peuple québécois, car il ne me traite pas comme quelqu’un qui est un fardeau excessif, a-t-il confié. J’ai confiance aux politiciens, mais lorsque j’entends une histoire comme celle-là, j’ai honte du Canada.»

Si rien ne change, la famille sera obligée de quitter le pays en juillet prochain.

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