«Règles de gestion négligées», «inertie et manque de contrôle de la Ville», alors que son image de marque était en jeu, «traitement comptable discutable», «manque de transparence». Les conclusions remises lundi par le vérificateur général, Jacques Bergeron, sur la gestion du BIXI sont cinglantes.
Au moment du lancement, la Ville n’a pas vérifié les études du concepteur du projet et n’a pas demandé de comptes lors de la phase de déploiement. «Ce n’est assurément pas la meilleure façon de protéger les deniers publics», écrit le vérificateur.
D’autant que la Société de vélo en libre service (SVLS) a rapidement connu des problèmes de croissance, à un point tel que la Ville a récemment annoncé que BIXI reviendrait dans le giron municipal et qu’elle lui prêterait 37 M$ à un taux de 2 % pour rembourser sa dette. À l’occasion de cette annonce, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a promis que ce taux était conforme aux règles du marché.
Or, le rapport du vérificateur le contredit clairement en précisant que le taux du marché se situe plutôt autour de 3,5 % à 4,5 %. La Ville fait donc cadeau de 1,3 M$ à BIXI, alors que le maire Tremblay avait toujours promis que le déploiement du BIXI se ferait sans frais pour les Montréalais. À cela s’ajoute un cautionnement de prêt de 71 M$ pour l’export.
«La Ville assume les risques financiers et la SVLS empoche les bénéfices», note le vérificateur. Il précise aussi qu’une municipalité ne peut exercer des activités commerciales à caractère lucratif. La vente de BIXI à l’international pourrait donc être cédée à une entreprise privée d’ici la fin de l’année. Or, ce sont justement les ventes à l’étranger qui permettent de combler le déficit d’exploitation à Montréal.
«Ça fait partie des scénarios envisagés», a convenu hier Roger Plamondon, président de la SVLS. Celui-ci a par ailleurs expliqué certaines lacunes dans la gestion par la rapidité avec laquelle le projet a été mené. «On a déjà mis en place des mesures correctives, notamment dans l’octroi des contrats», a-t-il indiqué. Il refuse la remise en cause du projet. «Je ne considère pas qu’avec autant de récompenses et autant d’usagers, BIXI soit une erreur», a dit M. Plamondon.