Les catastrophes naturelles qui se succèdent sur la planète seraient en partie causées par les réchauffements climatiques, indiquent les experts. Pourtant, il semble qu’un certain cynisme se soit installé au sein de la population, qui estime avoir suffisamment entendu parler de la problématique au cours des dernières années.
En réponse à cette désinvolture, la Biosphère a inauguré, la semaine dernière, trois nouvelles expositions consacrées aux forêts, aux impacts de la consommation sur l’environnement et aux changements climatiques. Le musée de l’environnement espère susciter une réflexion chez ses visiteurs et les inciter à modifier leur style de vie afin d’atténuer les changements climatiques et de s’y adapter.
«Il y a des gens qui disent qu’ils ne sont plus capables d’entendre parler de changements climatiques, a noté Eric Vachon, chef des services éducatifs de la Biosphère. Mais quand on se met à gratter et qu’on leur explique clairement les choses, leur intérêt revient. Le cynisme, ça s’évacue assez rapidement quand on explique bien aux gens ce qu’il en est vraiment.»
C’est dans cet esprit que la Biosphère a conçu les expositions Escapades en forêt, Trouver l’équilibre et + 1oC : Qu’est-ce que ça change?.
La première exposition, qui est installée entre la station de métro Jean-Drapeau et la Biosphère, présente 26 photographies de la forêt. Cette exposition gratuite, qui sera en place jusqu’en avril prochain, vise à rappeler aux visiteurs la beauté et la richesse de la forêt.
«On veut donner le goût aux gens d’aller dans la nature, on veut leur donner le goût du beau et les inciter à reprendre contact avec la nature, a expliqué le directeur de la Biosphère, Jean Langlais. Si les gens sont plus proches de la nature, ils auront plus tendance à vouloir la protéger.»
Les visiteurs sont ensuite invités à plonger au cœur de Trouver l’équilibre, une exposition permanente dite d’ambiance qui est consacrée à dix enjeux environnementaux susceptibles d’influencer le quotidien des visiteurs.
Les thèmes de la perte d’habitat faunique, de la dégradation des milieux marins, de la consommation, des continents de plastiques et du réchauffement des températures sont notamment abordés.
«Il s’agit d’une entrée en matière qui devrait mener les visiteurs à se questionner, a indiqué M. Vachon. Certaines des réponses à leurs questions se trouvent dans la troisième exposition, mais il y a aussi une part de réflexion que les visiteurs devraient poursuivre chez eux.»
La troisième exposition, baptisée + 1oC : Qu’est-ce que ça change?, propose, dans un format plus interactif, des réponses aux questions populaires liées aux changements climatiques. Un globe terrestre numérique de 1,2 m de diamètre, unique au Québec, permet également d’observer des phénomènes naturels, météorologiques et climatiques.
«La hausse de la température planétaire de 1 oC est une réalité, le changement est en train de se faire, a rappelé M. Langlais. On peut encore atténuer ce changement, mais il faut aussi donner une chance aux humains de s’y adapter. On veut faire prendre conscience aux gens des mesures de mitigation qui devront être mises en place pour faire face à cette hausse de température.»
Cette exposition, tout comme Trouver l’équilibre, sera présentée pendant près de trois ans à la Biosphère. Le musée espère toucher les 20-35 ans, «ceux qui sont en train de prendre position dans la société et qui sont plus susceptibles de changer leur style de vie», a précisé Jean Langlais. Les trois nouvelles expositions du musée de l’environnement ont nécessité un investissement de près de 750 000 $, dont quelque 250 000 $ pour le globe terrestre numérique de l’exposition +1 oC.