La semaine dernière, Bernard Landry s’est posé de sérieuses questions sur la qualité du gouvernail politique de Nycole Turmel, chef intérimaire du NPD sur la scène fédérale et aussi, à ses heures, membre de Québec solidaire et, jusqu’à tout récemment, du Bloc québécois, deux formations souverainistes. On est tout à fait d’accord avec le distingué ex-chef du PQ, cette affaire-là n’a strictement aucun bon sens.
Tout le monde n’est peut-être pas à la tête du NPD, mais des Nycole Turmel, il y en a tout plein autour de nous. J’ajouterais même que ces temps-ci, les butineurs semblent former la grande majorité de l’électorat québécois. Entre les souverainistes mous et les fédéralistes tranquilles, c’est souvent bien difficile de faire la part des choses. On parle ici plutôt d’agents libres de la politique qui vont là où le refuge semble pour le moment le plus confortable, peu importe l’étiquette qui vient avec. En ne tenant pas vraiment compte de leurs convictions. C’est peut-être justement ça, le problème : la solidité des convictions. Et surtout, l’absence quasi totale de toute ferveur. Celle qui est habituellement générée par la présence d’un leader crédible armé d’un discours articulé et cohérent. C’est ce qui manque cruellement d’un côté comme de l’autre ces temps-ci.
Dans sa critique, Bernard Landry a ajouté que Nycole Turmel donnait aux jeunes un exemple peu édifiant quant à la valeur de l’engagement politique. Il a raison. Maintenant qu’il a dit ça, on fait quoi avec les endormis qui sont en place?
Souhaitons seulement que les jeunes sachent produire une nouvelle vague de politiciens convaincus et mauditement plus convaincants. Parce que pour le moment, c’est le règne de l’incolore, de l’inodore et du sans saveur… pis c’est plate à mourir.
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Quand tout va tout croche… Prenez le cas de l’Impact. Une saison de misère, une enfilade de départs et, c’était fatal, une ambiance qui pue la schnoutte à plein nez. Là, comme si c’était nécessaire à la veille de joindre les rangs de la MLS, la direction de l’équipe a choisi de s’en prendre aux Ultras, la frange extrémiste des fans qui se fait aller à chaque match au stade Saputo. Extrémistes et, sans vouloir insulter personne, même un peu fous sur les bords. Faudrait me payer cher pour que j’aille m’asseoir dans leur section. En tout cas… Alors donc, on disait fous. Mais avant tout, des fous de leur équipe. Des fous qui paient aussi leurs billets au plein prix, ce qui devrait leur conférer certains privilèges. Comme celui de ne pas être montrés du doigt par les dirigeants de la boîte quand tout le reste va mal. Chez l’Impact, on a décidément une bien drôle de conception du marketing. On se demande d’ailleurs ce qu’en pense Richard Legendre, le v.-p. de l’équipe et un porte-parole on ne peut plus crédible pour l’organisation. Son silence dans cette drôle d’histoire demeure bien mystérieux…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.