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Le NPD s’engage à décriminaliser toutes les drogues pour s’attaquer à la crise des surdoses

Ottawa refuse pour l'instant de décriminaliser toutes les drogues au Canada.

À l’instar du Parti vert, le Nouveau parti démocratique (NPD) s’engage à décriminaliser la possession simple de toutes les drogues au Canada, s’il est élu comme gouvernement le 21 octobre.

«Il y a une crise des surdoses qui sévit à Montréal depuis des années, explique à Métro le chef adjoint de la formation, Alexandre Boulerice. Il y a une urgence, d’autant plus que la problématique touche surtout les personnes les plus vulnérables.»

L’idée de mettre fin à l’encadrement des drogues dures fait débat au Canada depuis la légalisation du cannabis. D’autres États, comme le Portugal, ont déjà choisi de desserrer les lois autour de ces substances. Seule la vente de produits narcotiques s’y inscrit dans les actes «repréhensibles», la possession simple n’engendrant pas de sanctions.

«On a tendance à considérer [les consommateurs] comme des criminels, alors que ce sont des gens qui ont des problèmes de santé.» -Alexandre Boulerice

Il condamne que le gouvernement Trudeau «manque d’initiative» et «fait mal à notre société» en refusant de déclarer «l’urgence de la crise».

Un projet de loi dès le départ

Pour la candidate du NPD dans Hochelaga, Catheryn Roy-Goyette, la décriminalisation des drogues va de soi, surtout quand on se tourne vers le passé.

«On a déjà connu de graves crises comme la grippe aviaire et on n’a pas attendu des milliers de morts avant de déclarer l’urgence», martèle-t-elle. Une fois élue, la Montréalaise entend déposer un projet de loi privé sur la décriminalisation de la possession simple de toutes les drogues.

«Ça va nous permettre de combattre la stigmatisation que vivent les utilisateurs de drogues et qui les freinent parfois à aller chercher les services nécessaires», résume-t-elle.

L’ancienne étudiante de l’Université Laval entend aussi travailler à loger les consommateurs pour les aider à s’en sortir.

«Si les gens consomment dans les ruelles d’Hochelaga, c’est parce qu’ils n’ont pas de toit sur la tête.» -Catheryn Roy-Goyette

Une mère en deuil témoigne

Isabelle Fortier a perdu sa fille Sarah-Jeanne il y a quelques mois d’une surdose. Portée disparue à la mi-mai, la jeune femme a été retrouvée morte quelques jours plus tard. Elle aurait entre autres consommé de l’hydromorphone acheté dans la rue, à Montréal, avant de le mélanger avec de la diazépine.

«Tout de suite après sa mort, son père et moi se sommes dits qu’elle aurait aimé qu’on pose un geste pour aider les gens qui, comme elle, ont des problèmes», avance Mme Fortier, ayant du mal à retenir ses larmes. Elle espère que ces élections seront une opportunité de faire avancer les choses en matière de polytoxicomanie.

«À lire et entendre les familles, c’est exactement ça [la décriminalisation] dont nous avons besoin. Il faut mettre ses culottes et affronter le problème, dire les choses telles qu’elles sont.» -Isabelle Fortier

Le Parti vert a lui aussi déjà promis une décriminalisation complète des drogues. «Nous devons cesser de traiter la toxicomanie comme un problème criminel et commencer à la traiter comme un problème de santé», avait insisté la chef du Parti vert, Elizabeth May, à la fin septembre.

Appelée à réagir mardi, la députée libérale d’Ahuntsic-Cartierville, Mélanie Joly, a qualifié l’idée du NPD de «complètement improvisée». «Il faut y aller une étape à la fois, dit-elle. On est encore dans le processus de légalisation du cannabis, alors il faut bien faire les choses.»

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