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Après 11 ans, Michael Sabia quitte la Caisse de dépôt

Michael Sabia

Michael Sabia

Le mandat de Michael Sabia à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) est terminé. Le président et chef de la direction de l’institution financière a annoncé mardi qu’il quittait son poste et passait «à [son] prochain défi».

M. Sabia passera le flambeau en février 2020, le temps que son remplaçant soit choisi. Son mandat devait à l’origine se conclure en 2021. Selon plusieurs médias, M. Sabia se joindrait à l’Université de Toronto, où il agira à titre de dirigeant de la Munk School of Global Affairs and Public Policy.

L’institution a déjà donné le coup de départ au processus de sélection du successeur de M. Sabia. «Nous visons à conclure ce processus par une nomination, approuvée par le gouvernement, au début de l’année 2020», confirme-t-on par voie de communiqué.

En place depuis 11 ans, M. Sabia était devenu le visage de la Caisse. C’est sous sa direction que la CDPQ a investi dans un projet phare: le Réseau express métropolitain (REM). Durant sa période de charge, le PDG a aussi maintenu «le bas de laine des Québécois» comme actionnaire principal de l’entreprise SNC-Lavalin, en difficulté.

Depuis l’arrivée de M. Sabia, peu après la crise économique de 2008, l’actif de la CDPQ a crû de 120,1 G$ à 326,7 G$.

«Même objectif»

L’homme d’affaires a toujours agi «avec le même objectif en tête: réaliser le plein potentiel de cette institution unique, au service des Québécoises et des Québécois», a affirmé le principal intéressé dans un communiqué de presse diffusé mardi.

«La Caisse et ses équipes n’ont jamais été aussi solides», a-t-il ajouté. Pour les six premiers mois de 2019, la CDPQ a affiché un rendement de 6,1%.

Le professeur au Département de finance de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Richard Guay avait trouvé curieux que des rumeurs apparaissent dans les médias sur le remplacement potentiel de M. Sabia.

«A priori, ça n’aide pas le leadership de M. Sabia. Soit que c’est dans cette vague-là qu’il s’est dit qu’il partait, soit les journalistes avaient appris qu’il avait l’intention de partir plus tôt», analyse M. Guay.

Dans l’ensemble, l’expert dresse un bilan positif de l’ère Sabia, malgré des investissements moins efficaces, comme ceux dans Bombardier et SNC-Lavalin. «Des coups extraordinaires, il y en aura toujours. Des mauvais aussi. L’important c’est la moyenne au bâton», souligne-t-il.

Sous le mandat de M. Sabia, la CDPQ se place «au même niveau que les gros joueurs» des caisses de retraite, ajoute M. Guay.

Québec réagit

Interrogé sur le départ à venir de M. Sabia, le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a tenu à faire part de son appréciation envers son travail. «M. Sabia a bâti des portefeuilles plus résiliants», a-t-il soutenu en mêlée de presse à l’Assemblée nationale.

«Maintenant, la période de M. Sabia a été une période de marchés haussiers, a-t-il relativisé. Il y aura éventuellement des marchés baissiers et les portefeuilles devront être résiliants.»

Le prochain dirigeant de la Caisse aura avantage à se placer dans le domaine des nouvelles technologies, croit Richard Guay. «L’intelligence artificielle va chambouler plusieurs industries. Il faudra avoir la vision», explique-t-il.

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