Les firmes de génie-conseil et les entreprises de construction qui ont tiré profit du système de collusion et de corruption mis au jour par la commission Charbonneau doivent être poursuivies, a réclamé jeudi la Coalition Avenir Québec (CAQ).
«Ce qu’on souhaite, c’est qu’on récupère notre argent», a déclaré le chef de la CAQ, François Legault. Il a demandé au gouvernement de Pauline Marois d’accorder aux ministères floués par la corruption et la collusion ainsi qu’à la Direction des poursuites criminelles et pénales toutes les ressources nécessaires pour poursuivre les entreprises nommées à la commission Charbonneau. Il croit que «des centaines de millions de dollars» pourraient ainsi être récupérés.
«Si on ne s’attaque pas à l’injustice et à l’impunité, qu’est-ce qu’on dit aux gens honnêtes, aux gens qui ont toujours respecté les lois», a questionné le porte-parole de la CAQ en matière de justice, Jacques Duchesneau. Il a indiqué que le temps presse puisque préparer de telles poursuites peut prendre plusieurs mois et que le délai de prescription est de cinq ans à partir du moment où les faits reprochés sont connus. «Si on attend la fin de la commission Charbonneau, on ne pourra pas poursuivre les entreprises», a dit M. Duchesneau. Le rapport final des commissaires est attendu au printemps 2015.
La CAQ a réclamé des poursuites judiciaires contre les entreprises soupçonnées de corruption et de collusion au lendemain de la publication des chiffres du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) sur le financement sectoriel de 2006 à 2011. Pas moins de 800 000$ ont été donnés à l’Action démocratique du Québec (ADQ) par des employés qui ont obtenu un remboursement de leur employeur. François Legault a martelé que son parti a l’intention de rembourser toutes les sommes d’argent perçues de façon illégale par l’ADQ, intégrée depuis janvier 2012 à la CAQ. Il a toutefois indiqué que le DGE devra fournir davantage de preuves pour démontrer que les employés qui ont fait des dons politiques ont été remboursés par leur employeur.
De l’aide à Montréal
Le chef de la CAQ, François Legault, a demandé que le gouvernement du Québec fournisse une aide à la Ville de Montréal pour qu’elle poursuive les entreprises soupçonnées de corruption et de collusion dans la métropole. «À Montréal, il y a eu des preuves et il y a eu des aveux», a dit M. Legault.
La Ville de Montréal a déjà déposé des griefs contre trois syndicats d’employés municipaux pour récupérer 1,1M$ à trois anciens fonctionnaires, Gilles Surprenant, Luc Leclerc et François Thériault. «Toutes les options sont sur la table. On va tout faire pour récupérer l’argent», a dit l’attaché de presse du maire de Montréal, Jonathan Abécassis.