Les dirigeants des chambres de commerce de la Baie-des-Chaleurs et de l’Est de Montréal se sont rendus à l’Assemblée nationale mercredi pour réclamer l’adoption rapide du projet de loi 3. Ce projet de loi tente d’obliger Élections Québec à conserver les deux circonscriptions que l’organisme souhaitait éliminer.
Valentine Palma, directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de la Baie-des-Chaleurs (CCIBDC), et Jean-Denis Charest, président-directeur général de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM), ont rencontré des représentants des différents partis politiques présents à l’Assemblée nationale. L’objectif de ces échanges était de sensibiliser les élus à l’importance de préserver une représentation politique adéquate pour leurs communautés.
«Nos régions doivent conserver une voix forte à l’Assemblée nationale afin que nos enjeux soient pleinement entendus. La représentation politique est essentielle pour défendre les réalités économiques, sociales et territoriales propres à la Gaspésie et à l’Est de Montréal», a déclaré Mme Palma. Elle a ajouté que l’adoption rapide du projet de loi 3 permettrait d’assurer une représentation «juste, équilibrée et adaptée aux besoins de nos communautés».
De son côté, M. Charest a insisté sur le fait que la démocratie représentative ne peut se réduire à un simple calcul démographique. «Elle doit aussi tenir compte de la réalité présente et future des territoires et garantir une voix forte aux communautés qu’elle représente. Retirer une circonscription à l’est de Montréal ou en Gaspésie affaiblirait des régions qui ont historiquement dû se battre pour se faire entendre», a-t-il affirmé.
Carte électorale modifiée
Les élus de l’Assemblée nationale et les représentants locaux de la Gaspésie et de Montréal s’opposent depuis plusieurs années à la carte électorale déposée par le Directeur général des élections du Québec (DGÉQ). Cette carte électorale doit s’appliquer aux élections provinciales de cet automne. Or, elle retire une circonscription à Montréal et une autre en Gaspésie pour en ajouter dans les Laurentides et les Bois-Francs.
Les quatre partis reconnus à l’Assemblée nationale ont déposé un premier projet de loi pour bloquer la carte, mais les élus ont été déboutés en Cour suprême. Peu après son élection comme cheffe de la Coalition Avenir Québec, Christine Fréchette a mandaté son ministre de la Justice pour déposer un nouveau projet de loi.
Le Projet de loi 3 maintien l’essentiel de la nouvelle carte, mais modifierait 12 circonscriptions pour maintenir LaFontaine et Gaspé. Le Québec aurait ainsi 127 circonscriptions plutôt que 125.
Un projet de loi appuyé par les quatre partis reconnus
Les deux représentants ont rappelé que le projet de loi 3 bénéficie du soutien des quatre partis officiellement reconnus à l’Assemblée nationale. Ils ont demandé que ce texte soit adopté avant la fin de la session parlementaire en cours, soulignant qu’une telle adoption renforcerait la confiance des citoyens envers les institutions démocratiques et permettrait une réflexion durable sur l’avenir de la carte électorale québécoise.
Selon les deux chambres de commerce, toute perte de circonscription aurait des répercussions directes sur la vitalité démocratique, le développement économique et la capacité des citoyens à être pleinement représentés.
Le projet de loi aurait pu être adopté rapidement s’il avait obtenu un vote unanime de l’Assemblée nationale. Or, le député indépendant Youri Chassin s’y est opposé.
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