La candidature de l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau comme député de Saint-Jérôme pour le Parti québécois (PQ) continue de faire réagir.
Lundi, le député de Québec solidaire (QS) Amir Khadir a interpellé les travailleurs sur cette annonce, qualifiant M. Péladeau d’«antisyndicaliste parmi les plus farouches, le plus déterminé à casser le mouvement syndical».
«Dorénavant, la place des progressistes, des travailleurs et des syndicalistes est avec Québec solidaire. Nous sommes désormais le seul parti des travailleurs», a lancé M. Khadir dans un point de presse devant l’édifice de Québecor, dont M. Péladeau demeure l’actionnaire de contrôle. QS est notamment revenu sur le lock-out des 280 syndiqués du Journal de Montréal, en 2009, en déplorant que «Pierre Karl Péladeau [n’ait] pas voulu négocier pendant 20 mois, parce qu’il continuait de produire le journal avec des « scabs »», a soutenu Gaétan Châteauneuf, candidat QS dans Bourget et ex-président du Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN.
Il déplore également le choix du PQ de retirer de son programme électoral la modernisation de la loi antiscabs afin d’interdire le recours à des personnes travaillant à l’extérieur de l’établissement. La première ministre Pauline Marois a soutenu, dimanche, qu’il n’y avait pas de lien entre cette décision et la candidature de Pierre Karl Péladeau.
«Avec l’arrivée de Pierre Karl Péladeau au PQ, le virage à droite du parti est maintenant complété, a ajouté Alexandre Leduc, candidat de QS dans Hochelaga-Maisonneuve. [M. Péladeau] a d’autres ambitions que l’indépendance du Québec et c’est de réformer le code du travail et de casser les syndicats au Québec». Il ajoute que Québec solidaire a notamment la volonté d’interdire le recours au lock-out.
La FPJQ inquiète
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) est également inquiète de cette candidature du magnat des médias. «Le mélange entre une éventuelle haute fonction politique au gouvernement et la propriété de 40% de l’information au Québec est explosif», soutient le président de la FPJQ, Pierre Craig, dans un communiqué.
Le départ de M. Péladeau des conseils d’administration de TVA, de Québecor Média et de Québecor ne rassure pas le président. M. Péladeau a également choisi de placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard, mais la FPJQ n’en démord pas: «son pouvoir d’influence demeure réel», ajoute M. Craig.
«Il s’agit ici d’une influence sur un groupe de presse majeur qui couvre l’ensemble des activités d’un gouvernement dont il serait partie prenante. Il faut des coupe-feux plus solides.», propose-t-il.
La FPJP recommande que M. Péladeau promette de vendre ses actions advenant son élection le 7 avril prochain. Le commissaire à l’éthique et à la déontologie, Jacques Saint-Laurent, devrait également se pencher sur cette candidature, estime le regroupement.