WINDSOR, Ont. — Les conservateurs promettent de dépenser jusqu’à 100 millions $ pour aider les entreprises manufacturières à lancer leurs produits sur le marché.
L’argent ne sera toutefois pas disponible à court terme. Les conservateurs prévoient lancer leur Stratégie d’allégement fiscal et d’équilibre budgétaire pour la fabrication au cours de l’exercice financier 2017-2018. Elle s’étendra ensuite sur cinq ans.
Le nouveau Fonds de démonstration des technologies de fabrication de 100 millions $ sera mis à la disposition des sociétés privées collaborant avec des petites et moyennes entreprises, des universités ou des cégeps pour commercialiser un projet ou une idée «dans le secteur manufacturier de pointe».
Selon les conservateurs, ce fonds aidera les entreprises canadiennes à maintenir le rythme de leurs concurrentes japonaises, allemandes, coréennes et britanniques sur les marchés mondiaux.
«Avec notre plan, les Canadiens vont bénéficier de nouveaux investissements majeurs dans la recherche et le développement industriels, et notre secteur manufacturier va rester concurrentiel sur le marché mondial», a fait valoir M. Harper dans un communiqué.
Le chef conservateur a fait cette promesse alors qu’il menait campagne à Windsor, en Ontario, une région qui compte un important secteur automobile.
La semaine dernière, Statistique Canada avait indiqué que les ventes du secteur manufacturier ont crû de 1,7 pour cent en juillet. Dimanche, M. Harper a capitalisé sur cette nouvelle, déclarant que ce secteur «a subi une transformation remarquable (et) a un avenir prometteur au Canada».
Cependant, les habitants de Windsor, l’une des villes où le taux de chômage est fréquemment l’un des plus élevés au pays, ne sont pas tous convaincus par l’enthousiasme du premier ministre sortant.
Une vingtaine de personnes manifestaient dimanche devant l’usine d’Anchor Danly où M. Harper faisait son annonce. «Nous avions une usine GM ici, qui employait des milliers de travailleurs, a fait remarquer Randy Emerson, qui travaille chez Chrysler. Elle est disparue. Où était-il à ce moment-là? Il vient maintenant en période électorale pour nous demander nos votes? Il a beaucoup de culot, à mon avis.»
En août, le taux de chômage à Windsor était de neuf pour cent, alors que la moyenne nationale atteignait sept pour cent.
Au cours de son allocution devant une foule partisane, Stephen Harper a parlé du programme de sauvetage du secteur automobile mis en place par son gouvernement en 2009, qui a selon lui «sauvé l’économie de Windsor».
Il est brièvement revenu sur le Partenariat transpacifique (PTP), après avoir laissé entendre la semaine dernière que le secteur de l’automobile pourrait en faire les frais. M. Harper a souligné que cette industrie exportait 85 pour cent de sa production, et que les négociations PTP étaient une occasion de faire partie d’un réseau d’échanges comptant 800 millions de consommateurs.
«Cela ne peut qu’être bon pour le secteur automobile, donc nous allons garder [le PTP] sur la table jusqu’à ce que nous obtenions le bon accord», a-t-il dit.
Les deux circonscriptions visitées par M. Harper, Windsor-Tecumseh et Windsor-Ouest, sont de celles que les conservateurs n’ont jamais remportées depuis leur création, respectivement en 2004 et en 1968. Les deux circonscriptions votent pour les néo-démocrates depuis plus d’une décennie.
