À l’autre bout du fil, Jean-François Fortin est derrière le volant de son véhicule et s’apprête à quitter sa résidence de Sainte-Flavie pour se rendre vers la Vallée de La Matapédia.
Ce trajet, il l’aura parcouru des dizaines de fois alors qu’il était député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, puis ensuite comme chef du parti qu’il a fondé, Forces et Démocratie.
Mais voilà que l’aventure prend fin. Rejoint tout juste avant le temps des Fêtes, le principal intéressé a confirmé qu’il quittait l’arène politique. « Pour moi, ça toujours été un moyen d’aider ma communauté, et non pas une finalité en soi. J’ai fait de mon mieux tout en étant intègre avec mes valeurs. Je suis prêt à passer à autre chose et à trouver un autre moyen d’aider ma région tout en travaillant dans mon coin de pays. Je suis prêt à tourner la page. C’est la fin de ma carrière politique. »
Ayant enseigné pendant une dizaine d’années les Sciences politiques au Cégep de Rimouski, l’ex-député bloquiste n’a toujours pas annoncé ses intentions quant à son avenir professionnel. Il avoue cependant que quelques offres sont sur la table et qu’il devrait être fixé d’ici la mi-janvier.
« Je me sens au maximum de mes capacités. Avec la politique, les gens te voient aller, ils remarquent tes réalisations et tu développes des liens. Quelques avenues dont je ne peux pas mentionner s’offrent à moi, puisque nous sommes en pourparlers. Sinon j’ai toujours eu cette passion pour l’enseignement et le milieu éducatif. Je n’ai toujours pas fait de choix, mais ça devrait être fait dans le début de la nouvelle année. L’important pour moi c’est de continuer à travailler au développement de ma région et demeurer utile en restant le plus près possible de ma famille. »
Se ressourcer
Avec les horaires chargés des sessions parlementaires à Ottawa, le temps passé sur la route et les nombreuses activités citoyennes, il peut parfois s’avérer difficile de consolider travail et famille. Pour le moment, Jean-François Fortin profite pleinement du temps qui lui est imparti pour être avec sa famille, faire quelques travaux de bricolage et fignoler certains projets personnels.
« Être député ça apporte beaucoup de contraintes au niveau du rythme de vie et ça a des répercussions dans la vie familiale, avec le fait de ne pas être aussi présent que j’aurais aimé l’être. Bien faire les choses exigeait pour moi beaucoup de temps et d’engagement auprès de ma communauté, ce qui en laissait moins pour mes proches. En ce sens, c’était beaucoup de sacrifices être député et ça été la libération d’un certain poids. Maintenant, je peux rééquilibrer ma vie et ça me fait pas mal de bien. »
Dernier commentaire
Impossible de passer sous silence l’avenir de Forces et Démocratie, le parti qu’il a fondé en 2014 un peu plus de deux mois après avoir claqué la porte du Bloc Québécois. À ce sujet, une rencontre aura notamment lieu à la fin janvier et on devrait en savoir davantage à ce moment. « C’est un parti autonome qui ne dépend pas d’une personne. Il a sa propre vie et pourra continuer à exister sans moi », explique l’ex député.
Quant au travail effectué jusqu’à maintenant par le premier ministre Trudeau, il laisse la chance et coureur et verra bien ce que l’avenir nous réservera.
« Je n’ai jamais eu une approche partisane et je suis capable de reconnaître les bons côtés de chacun des partis, mais c’est trop tôt pour porter un jugement. Il y avait beaucoup de rattrapage à faire, on ne parle même pas de développement, comme redonner la parole aux scientifiques, par exemple. La prochaine année permettra de voir l’efficacité de ce gouvernement. On verra bien, mais de mon côté, je pense que c’est vous qui aurez eu mon dernier commentaire politique à vie. »
